La Presse à Antigua-et-Barbuda: le boulet financier de la reconstruction

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Les coûts de la reconstruction sont estimés à plus de 200 millions de dollars américains, soit 15 % du produit national brut d'Antigua-et-Barbuda.

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(Saint John's, Antigua-et-Barbuda) Les dommages causés par l'ouragan Irma représentent un défi titanesque pour le gouvernement du petit pays d'Antigua-et-Barbuda, qui estime les coûts de la reconstruction à plus de 200 millions de dollars américains.

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Les conditions sanitaires dans l'île de Barbuda inquiètent les autorités, qui tardent à faire revenir les sinistrés déplacés dans l'île d'Antigua. Des équipes ont commencé à recueillir les carcasses d'animaux en putréfaction, mais le travail n'est pas terminé. Cette chèvre a réussi à sortir indemne de la tempête.

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« Ça représente près de 15 % de notre produit national brut », a indiqué hier en entrevue le ministre des Affaires étrangères du pays, Charles Fernandez, qui chapeaute l'effort en cours.

Dans des économies comme celle des États-Unis, l'impact des ouragans est beaucoup plus circonscrit et représente un poids financier bien moindre que pour les économies de petits pays caribéens comme le sien, relève-t-il.

« Ici, une seule tempête peut détruire toute l'économie », résume le ministre, qui compte en partie sur l'aide internationale pour venir à bout de la reconstruction de l'île de Barbuda, frappée de plein fouet par Irma.

Depuis que l'ouragan est passé, plusieurs pays ont offert une aide ponctuelle, par exemple en prêtant des appareils pour le transport. D'autres ont envoyé du matériel humanitaire ou promis des sommes en appui, mais le manque à gagner sera sans doute considérable.

« Il est certain que nous allons devoir contracter des prêts pour arriver à tout refaire. »

Pas d'assurance

Le coût de la reconstruction est amplifié par le fait que la plupart des résidants de l'île ne disposaient pas d'assurance leur permettant de se prémunir financièrement contre une telle catastrophe.

La situation s'explique en partie par le fait que l'île, longtemps exploitée par une famille esclavagiste anglaise, appartient collectivement à ses résidants. Personne ne dispose d'un titre de propriété, ce qui complique la situation, relève M. Fernandez.

Plusieurs Barbudiens rencontrés par La Presse ont indiqué qu'ils n'avaient pas jugé utile de se doter d'une telle assurance parce qu'elle était trop chère ou semblait superflue.

« Lorsque j'aurai reconstruit ma maison, je vais prendre une assurance complète, peu importe son coût », a souligné samedi un résidant de l'île rencontré alors qu'il fouillait dans les restes de ses biens.

Carcasses d'animaux et virus Zika

Comme lui, nombre de Barbudiens transférés dans l'île d'Antigua sont impatients de retourner sur place définitivement pour lancer les travaux de reconstruction.

« C'est dans l'intérêt de tout le monde que les gens de Barbuda puissent retourner là-bas, mais les conditions sanitaires ne le permettent pas pour l'instant », relève-t-il.

Des équipes ont commencé à recueillir les carcasses d'animaux en putréfaction, mais le travail n'est pas terminé. L'eau stagnante a par ailleurs favorisé une explosion de maringouins qui peuvent être porteurs du virus Zika ou de la dengue.

Maria retarde le nettoyage

Le ministre espère qu'il sera possible d'ici quelques semaines de commencer à retaper les maisons qui ont été le moins endommagées structurellement. Les Barbudiens seront invités à participer à l'exercice, dit-il.

La venue d'un nouvel ouragan, qui devrait passer aujourd'hui au sud d'Antigua-et-Barbuda, a forcé hier le retrait du personnel présent sur place et risque de retarder le nettoyage de quelques jours.

« Je pense que nous allons être épargnés cette fois », note le ministre, qui s'inquiète pour la Guadeloupe et pour la Dominique ainsi que pour les autres îles sur le tracé projeté de Maria.

« Je ne souhaite à personne de vivre ce que nous avons vécu », conclut-il.

Des ONG à la rescousse

Plusieurs organisations non gouvernementales internationales ont déployé des équipes à Antigua-et-Barbuda et dans les autres pays touchés par l'ouragan Irma pour faciliter leur remise sur pied.

C'est le cas de Global Medic, une organisation canadienne de Toronto qui a notamment mobilisé pour l'occasion deux opérateurs de drones professionnels afin d'aider à cartographier l'île de Barbuda avec des prises aériennes.

La petite équipe s'est rendue dimanche sur place par bateau pour commencer le travail et a pu couvrir plus de 50 % de la zone habitée.

La carte qui en résultera sera remise au gouvernement afin de lui permettre de repérer avec une précision maximale les dommages, tant au chapitre des maisons que des infrastructures publiques.

L'un des opérateurs de drones, Jean Racine, en est à sa deuxième expérience bénévole en zone sinistrée pour Global Medic.

Ce Québécois d'origine, qui a servi dans les Forces armées canadiennes, s'est déjà rendu en Équateur pour évaluer les suites d'un tremblement de terre.

Il a notamment tenté à cette occasion de localiser des victimes dans un immeuble de plusieurs étages qui s'était effondré et qui était trop instable pour être inspecté physiquement sans risque.

« Je m'étais déjà retrouvé dans l'armée dans des zones de ce type alors je ne suis pas trop déstabilisé », affirme M. Racine.




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