Pour financer sa croissance sans prendre le risque de fragiliser ses liquidités, une entreprise doit éviter de puiser dans sa trésorerie. Recourir à un prêt permet de répartir le coût d’un projet de croissance dans le temps et de mieux gérer les risques financiers qui y sont liés. La clé est de choisir un prêt adapté au projet de croissance et à la capacité de remboursement de l’entreprise.

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Qu’est-ce qu’un XTRA?

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Qu’est-ce qu’un projet de croissance ?
Un projet de croissance est un investissement qui vise à augmenter les revenus ou la rentabilité d’une entreprise. Il peut s’agir, par exemple, de prendre de l’expansion dans un nouveau marché, de moderniser une technologie, d’accroître la capacité de production, d’acheter un nouvel équipement, d’embaucher une personne pour répondre à une hausse anticipée des ventes ou même d’acquérir une entreprise. « Il n’est pas rare que les entrepreneurs que l’on rencontre croient qu’un projet de croissance est nécessairement un projet d’une grande ampleur, alors que ce n’est pas toujours le cas », explique Jessy Tremblay, directrice de comptes à BDC. « Le simple fait de moderniser son site web peut être une activité de croissance. »

Pourquoi est-il risqué de financer sa croissance à même ses liquidités ?
Une entreprise qui utilise ses liquidités pour financer sa croissance court le risque de manquer d’argent pour payer ses dépenses courantes ou les imprévus qui surviennent. C’est une situation qui est parfois observée par les experts de BDC chez les entreprises en croissance, lorsqu’un décalage entre les dépenses engagées et les nouvelles entrées d’argent vient fragiliser l’entreprise. « On voit souvent des entreprises en croissance qui sont rentables sur papier manquer de liquidités. C’est généralement parce qu’une trop grande partie de leur trésorerie est immobilisée dans leurs stocks et des comptes clients », met en garde Yasmine Lechilli, directrice de comptes à BDC. « Cette situation peut mener à l’insolvabilité, voire à la fermeture d’une entreprise. »

Quelles solutions de financement de croissance permettent de préserver ses liquidités ?
Les prêts à terme permettent de financer un projet de croissance tout en préservant ses liquidités. Ils permettent de répartir les frais d’un investissement sur plusieurs années et sont arrimés à la vie utile de l’actif. L’objectif est de faire correspondre autant que possible la durée du financement à celle de l’investissement, plutôt que d’immobiliser immédiatement une importante somme d’argent. Par exemple, un prêt immobilier pourra être amorti sur 15, 20, voire 25 ans, puisque la vie utile d’un bâtiment peut s’étendre sur plusieurs décennies.

Chaque institution financière offre sa propre gamme de prêts commerciaux. Il est donc important de faire des choix qui misent sur la complémentarité des offres des différents partenaires, afin de s’assurer que ces derniers seront en mesure d’accompagner l’entreprise tout au long du projet de croissance.

Voici quelques prêts de BDC qui se prêtent bien à différents types de projets de croissance :

  • Le prêt de fonds de roulement

    Ce type de prêt est tout indiqué lorsque le projet de croissance n’inclut pas d’actifs pouvant servir de garantie. La refonte d’un site web, l’achat d’une petite entreprise en service-conseil ou un projet de recherche et développement en sont des exemples.

  • Le prêt pour équipement

    Ce type de prêt permet entre autres de financer l’achat d’équipement commercial, comme l’acquisition d’un camion de livraison, de machineries spécialisées ou de matériel de laboratoire.

  • Le prêt pour l’achat d’entreprise

    Ce type de prêt se prête notamment à l’acquisition d’une entreprise, à un projet de fusion ou à l’acquisition d’actifs d’une autre entreprise.

  • Le prêt petites entreprises

    Ce prêt permet de financer rapidement des projets de croissance de natures variées, jusqu’à un montant maximal de 350 000 $, et peut être obtenu rapidement.

Est-ce que la marge de crédit permet de financer un projet de croissance ?
La marge de crédit ne peut soutenir à elle seule un projet de croissance. Elle est plutôt conçue pour subvenir à des besoins à court terme et pour combler des écarts temporaires de trésorerie, comme pour payer des dépenses courantes en attendant l’encaissement des comptes clients. C’est pourquoi il est important de bien planifier les besoins de trésorerie à court, moyen et long terme.

Le prêt de fonds de roulement est un financement complémentaire à la marge de crédit pour le financement de projets de croissance. Il n’inclut pas d’actifs corporels, puisqu’il peut être remboursé sur plusieurs années.

Comment trouver un financement avec le taux d’intérêt le plus bas pour un projet de croissance ?
Pour trouver la meilleure offre de financement, il faut prendre le temps de comparer les prêts commerciaux offerts par différentes institutions financières. Une bonne technique consiste à déterminer le pire scénario qui pourrait survenir à la suite d’un investissement et à en évaluer les impacts sur l’entreprise. Les taux d’intérêt font partie de cette analyse, mais ne sont pas l’unique élément à considérer. Un conseiller financier ou un consultant en gestion financière peut aider les entreprises à effectuer ce genre d’analyse.

Comme mentionné, le taux d’intérêt le plus bas ne devrait pas être le principal critère à prendre en compte pour choisir un financement. Selon Marc-André Grenier, directeur de comptes majeurs à BDC, le critère le plus important est sans contredit la flexibilité du véhicule de financement, combinée à une bonne compréhension du modèle d’affaires et du cycle de conversion de l’encaisse. « Comme ce cycle sera mis sous pression au profit de la croissance, il est primordial d’avoir un outil financier flexible qui protégera les liquidités de l’entreprise, explique-t-il. Parce qu’au-delà du coût du financement, la question qu’il faut se poser lorsqu’on planifie une croissance, c’est plutôt : “Quel est le coût de ne rien faire ?” Le statu quo est rarement la meilleure option. »

Par ailleurs, les modalités de remboursement peuvent avoir un impact sur le coût. Pour le même taux d’intérêt et pour une durée équivalente, les prêts à versements non combinés ont un coût inférieur aux prêts à versements combinés, car les intérêts sont calculés sur le capital réel à payer à chaque mensualité. Les paiements sont plus élevés au début, mais ils diminuent au fur et à mesure que la dette diminue. Le coût total de l’emprunt est donc moins élevé avec des versements non combinés. Toutefois, comme les versements sont plus élevés au début, la pression sur les liquidités est alors plus grande, d’où l’importance d’avoir un prêt adapté à ses besoins. Bon à savoir : plusieurs prêts de BDC sont à versements non combinés. BDC permet aussi aux entreprises de faire des remboursements accélérés, ce qui est une autre façon de réduire le total des frais d’intérêts payés pour un projet.

Quels critères faut-il comparer pour choisir une solution de financement adaptée à son projet de croissance ?
Pour choisir la meilleure solution de financement pour son projet de croissance, BDC recommande de comparer ces cinq critères :

  • La durée du prêt.
  • Le montant financé.
  • La souplesse des remboursements.
  • Les garanties exigées.
  • Les obligations liées à l’information financière.

Voici un tableau qui explique l’importance de chaque critère, avec les questions à se poser pour chacun d’eux.

Enfin, au-delà de ces critères, il ne faut pas sous-estimer l’importance de choisir un partenaire d’affaires en qui on a confiance. La personne de l’institution financière qui octroie le prêt commercial connaît-elle bien l’industrie dans laquelle évolue l’entreprise ? A-t-elle la flexibilité de négocier ? Inspire-t-elle confiance ? Est-elle disponible ? Il s’agit de questions cruciales à se poser.

Selon Marc-André Grenier, un bon partenaire doit également avoir l’humilité de dire à son client que la meilleure offre n’est peut-être pas celle qu’il peut offrir. « Il doit pouvoir mettre à contribution son réseau de contacts professionnels pour ses clients et, surtout, faire du maillage entre les différentes entreprises qu’il côtoie. C’est vraiment là qu’un véritable partenaire va se démarquer », conclut l’expert en financement.