« Ça allait de soi que ma sœur et moi finirions par travailler ensemble : on forme un petit binôme », résume Maxime Béliveau, repreneur de Ferme Fabel et Cultures SMB. Voici comment il a repris les rênes de l’entreprise familiale et inspiré sa sœur Sarah-Kim à en faire autant, elle qui assure maintenant la relève du verger voisin.

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Découvrez l’histoire de repreneuriat
de la famille Béliveau




Des vaches, des champs et des pommes

Située à Grand-Saint-Esprit, au Centre-du-Québec, l’entreprise Ferme Fabel et Cultures SMB comprend une ferme laitière et de grandes cultures. Maxime y travaille depuis l’école secondaire. Pour lui, en assurer la relève allait de soi.

La ferme a toujours fait partie de ma vie. Je n’ai jamais envisagé d’autre choix de carrière que de la reprendre.

Maxime Béliveau, repreneur, Ferme Fabel et Cultures SMB

En 2009, l’année suivant la fin de ses études en gestion et en exploitation d’entreprise agricole, Maxime acquiert de son père et de son oncle la portion laitière des activités, avec la participation de sa mère à la transaction. Sa cadette de cinq ans, Sarah-Kim, commence elle aussi à travailler à la ferme.


Les années passent et Maxime prend progressivement en charge les activités plus complexes de la culture du maïs, du soja et des céréales. Il finalise l’acquisition de la ferme en 2024. Il appuie également Sarah-Kim dans ses premiers projets entrepreneuriaux – dont l’élevage d’alpagas et l’aménagement d’un labyrinthe de maïs.

Inspirée par son frère, Sarah-Kim présente dès l’année suivante une offre d’achat pour le Verger du Grand, situé sur le terrain voisin. « Il a toujours été convenu dans la famille qu’on reprendrait le verger s’il était un jour à vendre », confie-t-elle. Son conjoint et ses parents prennent également part à l’aventure.


Une affaire de famille

Maxime et Sarah-Kim collaborent naturellement et s’appuient dans leurs projets respectifs. Par exemple, le populaire labyrinthe de maïs est situé sur les terres de Maxime, et ce dernier aménage chaque année un stationnement temporaire pour les visiteurs. Le duo ne s’est cependant jamais associé formellement, chacun gérant ses propres affaires.

On préfère collaborer, mais de manière autonome. C’est un moyen de préserver notre relation, car la famille est très importante pour nous.

Sarah-Kim Béliveau, repreneure, Verger du Grand

Par souci d’équité entre les enfants, Maxime a d’ailleurs acheté la ferme laitière à sa juste valeur marchande, et les terres familiales, à une valeur correspondant à la capacité maximale de remboursement. Ceci a nécessité un montage financier particulièrement bien ficelé.

CONSEIL

Ne pas confondre lien familial et facilité financière

Un transfert familial peut comporter les mêmes exigences qu’une transaction entre personnes non apparentées, particulièrement lorsqu’un actionnaire ou certains actifs doivent être rachetés à la valeur marchande. Il est essentiel d’évaluer honnêtement la capacité financière de la relève et de structurer le projet pour qu’il demeure soutenable après la transaction.

Philippe Forestier, directeur Transfert – Agriculture, Banque Nationale


Passer le flambeau

La famille Béliveau fait preuve d’avant-gardisme depuis trois générations. Il était attendu que Maxime innove dès son arrivée en modernisant progressivement les installations de la ferme laitière pour soutenir la croissance et améliorer l’efficacité. Son père a toutefois été impliqué jusqu’à la finalisation de la transaction afin de lui transmettre, sur une quinzaine d’années, tout son savoir en matière de grandes cultures.

Quant à Sarah-Kim, elle complète l’expertise agricole de sa famille en suivant des formations en pomiculture, la propriétaire cédante ne pouvant jouer un rôle actif pendant la transition pour des raisons de santé.


Trois transactions, trois réalités

Chaque transfert d’entreprise est unique ; la famille Béliveau en a d’ailleurs vécu trois. La Banque Nationale a financé toutes ces transactions et a personnalisé son accompagnement en réunissant les expertises requises pour répondre à des besoins très différents :

2009 — Ferme laitière

Accompagnement d’un jeune repreneur dans la première étape d’un transfert progressif, avec une structure financière et des ententes adaptées pour assurer la viabilité du projet et soutenir la croissance future de l’entreprise.

2024 — Grandes cultures

Transfert complexe réalisé par étapes nécessitant une optimisation fiscale pour les cédants en vue de leur retraite, mais hors des délais requis normalement pour mettre en place les solutions conventionnelles. L’équipe Banque Nationale a su faire preuve d’agilité en adaptant le financement au déroulement réel de la transaction, et ce, tout en protégeant les liquidités de l’entreprise.

2025 — Verger

Transaction réalisée dans un délai extrêmement court, soit à peine trois mois entre l’acceptation de l’offre d’achat et le début de la saison, nécessitant une coordination rapide des intervenants et du financement.

CONSEIL

S’entourer tôt des bons professionnels

Les enjeux fiscaux, juridiques, réglementaires, comptables et financiers sont interreliés. Il faut réunir les bons experts dès le départ et s’assurer qu’ils travaillent à partir du même plan. Dans un dossier complexe, la coordination entre les intervenants est aussi importante que l’expertise de chacun

Philippe Forestier, directeur Transfert – Agriculture, Banque Nationale

Sarah-Kim Béliveau et son conjoint, Thomas Boisvert Verville


Se donner les moyens de sa passion

Sarah-Kim croit qu’en affaires, il faut écouter sa passion et se faire confiance. Elle ajoute : « Tu ne regretteras jamais d’avoir fait quelque chose. Seulement de ne pas l’avoir fait. »

Qu’un lien de parenté existe ou non entre les parties prenantes, tout transfert d’entreprise nécessite une analyse financière rigoureuse afin de développer une structure adaptée aux risques, au potentiel et aux particularités du projet.

Notre rôle est de bien comprendre chaque projet dans son ensemble et de proposer un financement assez souple pour aller de l’avant, sans oublier les humains derrière les chiffres et la relation de confiance, indispensables à la réussite.

Philippe Forestier, directeur Transfert – Agriculture, Banque Nationale