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De la science aux solutions
À l’ÉTS, la recherche prend forme autant dans les laboratoires que sur le terrain. Les équipes se penchent sur des enjeux concrets, souvent complexes, qui nous touchent tous et toutes : adaptation climatique, santé, sécurité numérique et développement économique. Autour de ces quatre grands pôles, les différentes expertises en ingénierie font avancer les connaissances et mettent à l’épreuve des solutions susceptibles d’avoir une portée directe et mesurable sur la société québécoise.
Le moteur à la base de ces travaux : une communauté qui réunit près de 300 chercheuses et chercheurs ainsi que des milliers d’étudiantes et d’étudiants aux cycles supérieurs.
Des ponts entre le savoir et l’industrie
Ce qui distingue l’ÉTS, selon le doyen de la recherche Alan Carter, c’est que la recherche, loin de se faire en vase clos, reste proche des besoins du terrain :
Il s’y fait de la recherche fondamentale, mais la plupart des projets sont menés en partenariat avec une entreprise, une municipalité ou un ministère. C’est souvent ce qui dicte le choix des problématiques étudiées.
En travaillant directement avec ces partenaires pour résoudre des problèmes réels, les équipes contribuent à accélérer l’innovation. « On apprend beaucoup de l’entreprise, mais l’entreprise apprend beaucoup de nous aussi, poursuit Alan Carter. On va plus loin et tout le monde en ressort gagnant. »
S’adapter aux changements climatiques
L’adaptation aux changements climatiques est l’un des grands axes de recherche de l’ÉTS, notamment par le biais de l’Institut AdapT, qui se consacre à rendre les villes et les infrastructures plus résilientes. Aux Îles-de-la-Madeleine, par exemple, des chercheurs de l’Institut testent une piste qui pourrait répondre à deux enjeux à la fois : limiter l’érosion du littoral côtier et convertir l’énergie des vagues en électricité.
Le projet réunit des disciplines complémentaires : génie hydraulique, génie mécanique, génie de la construction, génie de l’environnement, géomorphologie et sciences sociales, entre autres. L’archipel sert ainsi de laboratoire à ciel ouvert, mais l’ambition est de développer une solution qui pourrait être adaptée à d’autres communautés côtières aux prises avec le même défi, comme le souligne le doyen de la recherche.
Innover pour mieux soigner
L’École de technologie supérieure n’a peut-être pas de faculté de médecine, mais la recherche en santé y est bien présente. Son institut itechsanté regroupe des ingénieurs, des chercheurs et des professionnels du milieu qui collaborent pour développer des solutions concrètes à des besoins cliniques. « Sur les quelque 280 professeurs-chercheurs de l’ÉTS, il y en a une soixantaine qui font des travaux en lien avec la santé », précise Alan Carter.
Ces travaux couvrent un large spectre, de la prévention de troubles mentaux comme la schizophrénie au développement de nouvelles approches pour traiter des maladies graves. C’est dans ce dernier domaine que travaille la professeure Sophie Lerouge, qui développe des biomatériaux injectables « intelligents » capables de transporter des cellules ou des médicaments directement là où ils doivent agir. En immunothérapie, cette solution innovante pourrait concentrer l’action des traitements près des tumeurs cancéreuses pour en augmenter l’efficacité.
Sophie Lerouge, professeure, département de génie mécanique de l'ÉTS
Ce type de projet illustre bien la complémentarité entre la médecine et l’ingénierie, de l’avis d’Alan Carter. « Il faut vraiment travailler main dans la main. Développer des hydrogels en laboratoire, tout seul, ça ne sert à rien. Mais les hôpitaux ont besoin de gens capables de développer ces matériaux-là, parce que les médecins ont l’expertise clinique, mais pas nécessairement la formation en technologies ou en matériaux. »
Préparer la relève aux défis de demain
Le transfert technologique issu de la recherche contribue ainsi à faire circuler les connaissances au-delà des murs de l’université, jusque dans les milieux de pratique. « C’est très bien de former des étudiants, on aime ça, mais le but, c’est de s’en débarrasser un jour », dit Alan Carter en souriant.
Lorsqu’ils font leur entrée sur le marché du travail, les nouveaux ingénieurs emportent avec eux le savoir et l’expertise acquise. Des connaissances qui, à leur tour, nourrissent l’innovation dans les organisations et contribuent à ses retombées dans la société.