À Montréal, plus de 400 métiers se retrouvent sous une même appellation : celle de cols blancs, qui englobe une diversité de fonctions parfois peu connues du grand public. Présents dans les arrondissements comme dans les services centraux, ces employés travaillent dans une foule de domaines et contribuent, chacun à leur façon, au fonctionnement quotidien de la Ville et aux services offerts à la population.

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Des métiers au cœur de la vie municipale

Parmi les nombreux services offerts par la Ville de Montréal se trouvent des milliers d’employés aux expertises et aux responsabilités variées. Les cols blancs, qui n’occupent pas de postes de gestion, en font partie et interviennent dans plusieurs aspects de la vie des citoyens. On les retrouve notamment comme aides-bibliothécaires, sauveteurs, agents de communication sociale, préposés aux droits d’entrée et préposés aux communications d’urgence. D’après Éliane Scofield, présidente du Syndicat représentant les cols blancs de Montréal, cette diversité est étroitement liée à celle des services municipaux.

On a une ville qui offre beaucoup de services dont on peut être fiers. Nos membres y contribuent de différentes façons et sont présents dans le quotidien des Montréalaises et des Montréalais.

Éliane Scofield, présidente du Syndicat des cols blancs de Montréal


Leur présence s’étend ainsi à une multitude de lieux et de secteurs. Selon la présidente du syndicat, chaque interaction avec la Ville peut être une occasion de croiser le travail d’un col blanc, que ce soit pour demander un permis, emprunter un livre à la bibliothèque ou profiter d’une installation municipale comme la piscine. Mettre des visages sur ces métiers, occupés à 60 % par des femmes, est d’ailleurs important à ses yeux. Faire connaître leur travail permettrait, à son avis, de mieux saisir le rôle joué par ces employés dans la prestation des services de proximité.



Des réalités d’emploi parfois méconnues

À la base de cette diversité de métiers se trouvent également des situations d’emploi très différentes, un aspect sur lequel Éliane Scofield insiste particulièrement. Selon le syndicat, près de la moitié de ses membres n’ont pas de permanence, de garantie de travail à temps plein ou de minimum d’heures assuré par semaine. Plusieurs occupent des postes à temps partiel, alors que d’autres travaillent comme auxiliaires. Certaines fonctions sont rémunérées au salaire minimum, demandant parfois aux employés de cumuler deux emplois.


Cette réalité n’est pas nouvelle. Éliane Scofield affirme que le syndicat observe depuis plus de 10 ans une progression de la précarité parmi les membres qu’il représente. L’absence d’heures garanties ou de stabilité peut avoir des conséquences très concrètes dans leur vie, mais également dans leur décision de demeurer ou non à l’emploi de la Ville. Pour la présidente du syndicat, il devient donc important de parler de celles et ceux qui sont derrière les services.

Investir dans les services municipaux, c’est investir dans les gens qui offrent le service.

Éliane Scofield, présidente du Syndicat des cols blancs de Montréal



Attirer les personnes, mais surtout les retenir

Les conditions d’emploi — qui sont souvent meilleures dans les villes avoisinantes, aux dires d’Éliane Scofield — ont aussi des répercussions sur le recrutement. Selon la présidente du syndicat, certaines fonctions sont aujourd’hui plus difficiles à pourvoir, notamment lorsque les heures offertes ou le statut d’emploi permettent difficilement aux personnes de se projeter à long terme.

Le défi se poursuit une fois les employés embauchés. Lorsqu’une personne quitte son poste, elle emporte avec elle une expérience acquise au fil du temps, une connaissance des procédures et, souvent, une compréhension fine du milieu dans lequel elle travaille.

Éliane Scofield, présidente du Syndicat des cols blancs de Montréal


Cette perte d’expertise préoccupe particulièrement le syndicat. Selon sa présidente, la qualité d’un service repose aussi sur la capacité des équipes à développer et conserver leurs connaissances.

L’enjeu dépasse le simple fait de pourvoir un poste vacant. Offrir davantage de stabilité contribue à créer des équipes expérimentées, capables de répondre efficacement aux besoins de la population. Il faut investir davantage dans ceux qui rendent les services de proximité. Ils sont l’avenir.

Éliane Scofield, présidente du Syndicat des cols blancs de Montréal



Une nouvelle négociation à l’horizon

Cette question des conditions de travail prendra une importance particulière au cours des prochains mois. La convention collective des cols blancs de Montréal est échue depuis 2025 et de nouvelles négociations sont en cours avec la Ville. Dans ce contexte, le syndicat souhaite notamment faire valoir les conséquences que peuvent avoir les décisions prises sur le terrain et sur les équipes.