Certaines portent des chapeaux pointus et lancent des sorts maléfiques. D’autres luttent contre le mal et concoctent des potions de guérison. Depuis des siècles, les sorcières marquent l’imaginaire collectif. Mais saviez-vous que derrière les légendes et les apparences se cache une histoire riche et fascinante ?

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Voilà ce que dévoile la nouvelle exposition « Sorcières : de l’ombre à la lumière » qui aura lieu du 25 octobre 2024 au 6 avril 2025 à Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal.

IMAGE AUDREY MCMAHON POUR POINTE-À-CALLIÈRE


Combien de personnes ont été jugées pour sorcellerie en Europe entre le 15e et 17e siècle ?

Environ 100 000

Les experts estiment qu’environ 100 000 personnes, dont une très grande majorité de femmes, ont été accusées injustement de sorcellerie pendant près de deux siècles. Condamnées à des destins tragiques, certaines ont été envoyées au bûcher, d’autres pendues ou encore exclues de la société.

Présentée jusqu’au 6 avril 2025, l’exposition lève le voile sur ce pan sombre de l’histoire des sorcières, en abordant avec sensibilité la construction du mythe de la sorcière diabolique.



Quel est le nom du tristement célèbre manuel publié en 1486 qui a, pendant deux siècles, servi de guide de référence pour la chasse aux sorcières ?

Malleus Maleficarum

Écrit par Heinrich Kramer et cosigné par Jacob Sprenger, deux inquisiteurs dominicains, le Malleus Maleficarum a joué un rôle précurseur dans la popularisation de la chasse aux sorcières et dans la légitimation de la répression des femmes. L’ouvrage, dont le titre se traduit par « Le Marteau des sorcières », affirmait notamment que les femmes étaient facilement séduites par le démon et qu’elles étaient plus enclines à pratiquer la sorcellerie que les hommes. Une section de l’exposition est d’ailleurs consacrée au Malleus Maleficarum et à son impact considérable dans l’histoire.

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En 1682, la Montréalaise Anne Lamarque, dite la Folleville, est accusée de sorcellerie. Qui était-elle ?

Une cabaretière

Cette femme à la personnalité pétillante tenait, avec son mari Charles Testart, un cabaret très populaire à Montréal. En 1682, celle qui savait lire et écrire est devenue la cible de ragots. On l’accusait de diriger un lieu de débauche et de mener une vie immorale. Son procès a connu de nombreux rebondissements.

Une visite au Musée Pointe-à-Callière s’impose pour en savoir plus sur l’histoire de la Folleville et sur tous les procès locaux qui ont marqué la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre.

IMAGE MUSÉE MCCORD-STEWART POUR POINTE-À-CALLIÈRE



Selon l’art de la divination, que signifie la carte de tarot de l’étoile posée à l’endroit ?

Sérénité, optimisme et espoir

Le tarot, qui aurait vu le jour vers 1430 en Italie du Nord, repose sur la croyance que les événements futurs peuvent être révélés par des signes ou par des symboles. Dans le cas de la carte appelée « Étoile », elle incarne un optimisme profond et la possibilité de croire que tout est possible.

IMAGE AUDREY MCMAHON POUR POINTE-À-CALLIÈRE

Pointe-à-Callière vous invite à découvrir l’univers fascinant de la sorcellerie et de ses pratiques.



En quelle année les mots « magie » et « sorcellerie » ont-ils été retirés du Code criminel au Canada ?

2018

Il a fallu attendre jusqu’au 13 décembre 2018 pour que l’article 365 du Code criminel soit abrogé. Avant cette date, la loi interdisait formellement à quiconque de recourir à la sorcellerie et à la magie dans le but de tromper autrui. Bien que l’intention première fût d’empêcher les escroqueries, cette loi désuète a longtemps contribué à perpétuer la méfiance envers les personnes considérées comme bizarres ou maléfiques, en particulier les femmes vivant en marge de la société.

IMAGE AUDREY MCMAHON POUR POINTE-À-CALLIÈRE

Alors que la connotation négative associée au mot « sorcières » persiste encore, de plus en plus de femmes ouvrent le dialogue pour changer le narratif. En posant un regard contemporain sur la représentation des sorcières d’aujourd’hui, l’exposition s’intéresse aux figures marquantes des temps modernes qui incarnent l’émancipation et la résilience.