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Une tempête économique parfaite
Les taux d’intérêt sont demeurés à un plancher historique à ce point longtemps qu’il était facile d’oublier qu’ils finiraient par remonter. Cette dure réalité rattrape aujourd’hui des propriétaires qui renouvellent leur prêt hypothécaire à un taux d’emprunt deux ou trois fois plus élevé et voient leurs versements bondir.
L’inflation entraîne quant à elle une hausse fulgurante du coût de nombreux biens et services de base, comme le logement, la nourriture et l’essence. « Ce sont des augmentations qui touchent tout le monde, mais plus particulièrement les gens aux revenus fixes, tels que les aînés », observe Guylaine Houle.
Faire le point sur sa situation
La première étape pour y voir clair est de préparer ou mettre à jour un budget réaliste qui reflète fidèlement ses revenus et ses dépenses. Cet exercice aide à éliminer ou réduire certaines sorties d’argent non essentielles, puis à garder les autres dépenses à l’œil pour vivre à la hauteur de ses moyens.
La situation est considérée comme précaire lorsqu’il est impossible de revoir les dépenses, qu’il ne reste QUE des dépenses essentielles. Là, c’est le temps de consulter un syndic autorisé en insolvabilité.
Ne pouvoir effectuer que le paiement minimal exigé sur sa carte de crédit et devoir emprunter pour effacer une dette précédente sont d’autres signaux qui annoncent le début d’un cycle vicieux. « Quand on ne rembourse pratiquement aucun capital mois après mois, on se dirige vers une impasse », poursuit Guylaine Houle.
Trois solutions à explorer
Lorsque les revenus s’avèrent insuffisants pour couvrir les dépenses et les mensualités de crédit, un syndic autorisé en insolvabilité peut recommander l’une des solutions ci-dessous :
Consolidation de dettes.
Cette stratégie consiste à rembourser l’ensemble des dettes en empruntant à taux moindre auprès d’une institution financière, de façon à n’effectuer qu’un seul versement périodique. « Ça peut être à considérer quand une propriété a pris beaucoup de valeur, surtout depuis la pandémie », explique Guylaine Houle.
Faillite personnelle.
Cette solution permet d’effacer légalement ses dettes et de repartir à zéro, une fois que toutes les autres options ont été épuisées.
Proposition de consommateur.
Une offre de règlement est présentée aux créanciers; elle prévoit le remboursement partiel des sommes dues sur une période maximale de 60 mois, en un seul paiement mensuel abordable. « C’est un outil polyvalent qui aide les gens à surmonter leurs difficultés, tout en permettant aux créanciers de limiter leurs pertes », ajoute Guylaine Houle.
Cette troisième option est plutôt simple et rapide à instaurer. Les créanciers ont 45 jours pour voter sur la proposition, celle-ci devant être adoptée par une majorité (50 % plus un) pour entrer en vigueur. Deux séances de consultation en privé sont également prévues pour mettre de l’ordre dans ses finances et profiter pleinement de ce nouveau départ.
Peu après une proposition de consommateur, les gens se sentent soulagés et recommencent à respirer. Ça redonne une certaine fierté de savoir qu’on a payé au moins ce dont on était capable.
Le point sur les microprêts
Il suffit de remplir un formulaire en ligne pour emprunter 500 $ ou 1 000 $ et voir l’argent déposé directement dans son compte bancaire. Néanmoins, des taux d’intérêt et des frais de gestion élevés rendent cette forme de crédit très dispendieuse. Les tactiques de recouvrement s’avèrent parfois agressives et les retraits préautorisés au compte engendrent d’autres problèmes.
« Consultez plutôt un syndic autorisé en insolvabilité, dont les activités sont encadrées par le gouvernement fédéral et par un code de déontologie, pour mettre en place une solution efficace à long terme », recommande Guylaine Houle.
1https://ised-isde.canada.ca/site/bureau-surintendant-faillites/fr/statistiques-recherche/statistiques-linsolvabilite-canada-mai-2024#t1