Jean Béliveau a accroché sa 54e paire de souliers hier soir, après une marche de 11 ans autour du globe. L'homme de 55 ans a parcouru ses derniers kilomètres en sol montréalais entouré de sa famille et de ses proches.

Mis à jour le 17 oct. 2011
Daphné Cameron LA PRESSE

«C'est difficile de mettre des paroles sur des émotions, quand on en vit des millions à la fois. C'est grandiose», a-t-il laissé tomber hier matin après avoir traversé le pont Lachapelle, qui relie Laval à Montréal.

Au bout du pont l'attendait sa conjointe Luce Archambault. Le couple est resté soudé depuis le début de l'aventure. «Enfin!», a-t-elle simplement lancé lorsque son amoureux est arrivé.

Parti en août 2000

Jean Béliveau a quitté le Québec le 18 août 2000 avec 4000$, un petit tricycle à bagages et le rêve fou de faire le tour du globe à pied.

Quelque 75 500 km, 4077 jours et 64 pays plus tard, le marcheur de 55 ans a terminé son incroyable voyage hier à 17 h sur la place Jacques-Cartier, dans le Vieux-Montréal, où l'attendaient une centaine de partisans.

Lors d'une cérémonie, le député François Ouimet lui a remis la médaille de l'Assemblée nationale de reconnaissance des parlementaires.

Visiblement ému, M. Béliveau a affirmé qu'il était heureux d'avoir fait cette longue route pour la paix et les enfants. «Qu'allez-vous faire maintenant?», a lancé un badaud dans la foule. «Rien! Je vais me reposer», a-t-il rétorqué à la blague.

En vérité, le marcheur enfilera les entrevues cette semaine. Celui qui a été inspiré par Terry Fox planchera par ailleurs sur l'écriture d'un livre pour partager son expérience.

Il a également remercié ses enfants, sa conjointe et sa mère. Comment sa famille a-t-elle fait pour lui accorder toute cette liberté?

«On n'a jamais été prisonniers l'un de l'autre. On s'est toujours laissé vivre. Tout le monde a des choses à vivre et ce n'est pas parce qu'on est en couple qu'il faut «s'accaparer». Habituellement, c'est plutôt une cause de divorce» a lancé, à la blague, son épouse Luce qui venait le visiter trois semaines chaque année.

La journée de son départ, il y a 11 ans et deux mois, ses enfants Thomas-Éric et Élisa-Jane étaient âgés de 20 et 18 ans.

Aujourd'hui, Jean Béliveau est grand-père de deux petites filles.

«Je suis vraiment fière. Personne n'a fait cela avant lui. C'est le premier au monde», a dit sa petite-fille Lorie, aujourd'hui âgée de 10 ans. «Même s'il y avait de la distance entre nous, l'amour était là pareil», a ajouté sa fille, Élisa-Jane.

«Rêveur et optimiste»

Thomas-Éric Béliveau, qui a fait la route avec son père d'Ottawa à Montréal, l'a décrit comme un homme «rêveur et optimiste».

Ce dernier a marché avec son père à cinq reprises durant son voyage. «La paix et la non-violence font de plus en plus partie de son discours. C'est devenu très important pour lui», dit-il.

Jean Béliveau compte donc continuer à promouvoir la cause des enfants.

«Sur la route, je me suis senti comme un instrument qui portait le message de la paix et de la non-violence», a raconté M. Béliveau.

«Même si j'accroche mes souliers, ma route en ce sens n'est encore pas terminée.»