Vers 1450, un important village iroquoien se dresse à Saint-Anicet, en Montérégie, à 8 km du fleuve Saint-Laurent. Près de 800 personnes y vivent, s'entassant dans une quinzaine de maisons longues protégées par une palissade de bois. Puis, ce village est tombé dans l'oubli pendant 500 ans, jusqu'au jour où des archéologues y font des découvertes étonnantes dans les années 90. Aujourd'hui, avec ses 300 000 artefacts déterrés (pipes, poteries, outils en os, pierres taillées, etc.), le site Droulers-Tsiionhiakwatha constitue un gisement archéologique sans pareil au Québec.

Publié le 1er août 2011
Simon Diotte, collaboration spéciale LA PRESSE

Afin de rappeler l'histoire des Iroquoiens du Saint-Laurent, un peuple qui a mystérieusement disparu au XVIe siècle, mais faisant partie de la même famille que les Iroquois (Mohawks), ce village revit aujourd'hui sous la forme d'une reconstitution historique située exactement sur l'emplacement des anciennes habitations.

Sur un coteau, au milieu de champs labourés, une nouvelle enceinte palissadée protège les répliques saisissantes de quatre maisons longues. Une visite guidée des lieux nous plonge directement au XVe siècle, avant les premiers contacts avec les Européens.

Dès notre arrivée, l'entrée labyrinthique du village nous surprend. «C'était une façon de protéger les villageois contre la visite des intrus», nous explique Pascal Perron, directeur du Centre d'interprétation du site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha. Fait exceptionnel, ce dernier a reconstruit le village de ses propres mains, en compagnie de son collègue Michel Cadieux, archéologue autodidacte, il y a une dizaine d'années. Les deux hommes sont de véritables encyclopédies de l'histoire amérindienne.

Dans ce village iroquoien version XXIe siècle, les répliques de chaque maison longue servent de prétexte à l'explication du mode de vie de cette nation amérindienne. De 50 à 70 personnes vivaient dans chaque habitation. C'est là où les Iroquoiens dormaient, cuisinaient, mangeaient, se reproduisaient et entreposaient leur nourriture. «Avec plusieurs trous à feu, il y avait constamment de la fumée dans les maisons. Les aliments, suspendus au plafond, étaient ainsi protégés des insectes et de la vermine», explique Pascal Perron, qui nous guide durant la visite. Cependant, cette fumée omniprésente n'était pas sans conséquence. Principale cause de mortalité chez les Iroquoiens: les maladies pulmonaires.

Par la suite, M. Perron nous présente les outils que l'on fabriquait à l'époque: des haches en pierre taillée, des couteaux avec une incisive de castor, des arcs et des flèches, etc. Le plus fascinant: une sorte de vilebrequin pour allumer le feu. Preuve à l'appui, il est vraiment possible (et facile) de créer des étincelles en quelques minutes pour faire jaillir le feu. Les visiteurs sont même invités à en faire l'expérience.

La visite guidée du village, qui dure un peu plus d'une heure, nous donne le goût d'en savoir plus. Justement, le site Droulers - du nom du propriétaire terrien, François Droulers, qui a trouvé les premiers artefacts - invite les passionnés d'histoire à séjourner pour une nuitée dans une maison longue. Pendant cette immersion en 1450, les Iroquoiens d'un jour participent à une foule d'activités, comprenant des ateliers de taille de pierre, de poterie et de cuisine, en plus de disputer un match de crosse!

À table, l'équipe du centre d'interprétation sert des mets iroquoiens typiques, accompagnés de quelques saucisses de gibier. La soirée se termine autour d'un feu de camp, avec un conteur costumé. Pour y participer, vous devez apporter votre sac de couchage et votre tapis de sol, sans oublier du répulsif à moustiques (les murs des maisons longues ne sont pas étanches). Coût: 100$ par adulte, 50$ par enfant de 5 à 12 ans. Info: 450-264-3030.

Aussi, pendant le mois de l'archéologie, qui se déroule du 1er au 31 août, plusieurs activités se tiennent sur place, dont des fouilles archéologiques en direct. On s'informe au www.moisdelarcheo.com.

www.sitedroulers.ca