Aller au spa pour se faire dorloter, c'est bien. Mais y aller avec les enfants, c'est encore mieux, disent certains parents. Et c'est surtout nouveau comme tendance. Autrefois réservés exclusivement à une clientèle adulte, les spas et les centres de santé accueillent désormais les enfants à bras ouverts. Et parfois même dès l'âge de 3 ans!

Mis à jour le 31 mars 2010
Stéphane Champagne, collaboration spéciale LA PRESSE

Le Québec compte au moins une quinzaine de spas et relais santé où le bien-être des tout-petits est à l'ordre du jour. Que ce soit dans le cadre d'un forfait comprenant une nuitée à l'hôtel ou simplement pour une visite de quelques heures, l'offre de soins est très large et parfois assez étonnante.

 

Pour échapper au stress, les enfants peuvent se contenter d'un simple massage suédois. Mais des soins corporels plus complets (cataplasmes, pédicure, enveloppement au chocolat, etc.) de même que des bains flottants ou des séances de luminothérapie sont également proposés. C'est sans parler de l'accès aux bains à remous et autres saunas.

Hugo, 7 ans, se considère comme un «habitué» du spa Chéribourg, dans les Cantons-de-l'Est. Cette petite boule d'énergie en était à sa troisième visite lorsque nous l'avons rencontré. Sans dire que la chose a changé la vie de son garçon, Marie-Claude Blain est à même de constater les bienfaits d'une visite au spa avec son enfant.

«Ça les éveille à autre chose. Et ça marche! Hugo réussit à garder le silence pendant qu'il reçoit des soins. Il s'est même déjà endormi pendant qu'il recevait un massage. On n'a pas le réflexe d'amener son enfant avec soi au spa. Pourtant, c'est merveilleux!» explique Mme Blain.

Le spa Chéribourg, attenant à l'hôtel Chéribourg, à Orford, fait dans le bien-être infantile depuis plus d'une décennie. Doris Bissonnette, fondatrice et propriétaire des lieux depuis 17 ans, est l'une des pionnières au Québec dans les soins pour enfants. Et elle prend la chose très au sérieux. «On exige beaucoup des enfants. Ils deviennent tendus eux aussi. Ils ont donc le droit de relaxer. Une gamine de 4 ans m'a déjà remerciée en me disant que tous ses muscles étaient reposés», explique Mme Bissonnette.

Le spa Chéribourg (www.spacheribourg.com) offre plusieurs forfaits, dont certains à partir de 67$ par enfant pour une heure de soins. Les parents peuvent se faire masser dans la même pièce que l'enfant. D'ailleurs, dans la plupart des spas, on exige qu'un parent ou un tuteur soit présent auprès des enfants de moins de 12 ans.

L'un des forfaits les plus prisés au Chéribourg: un cataplasme dorsal (qui sent la gomme «balloune») suivi d'un massage de 30 minutes. Les produits à l'arôme de gomme à mâcher sont fabriqués auQuébec sous la marque Gom-Mee. Les enfants peuvent d'ailleurs emporter chez eux les produits entamés.

Selon l'International Spa Association (ISPA), une organisation qui compte quelque 3200 membres dans près de 80 pays, la clientèle ado (12-19 ans) s'est mise à fréquenter les spas il y a environ sept ans. Toutefois, l'ISPA ne dispose d'aucune statistique sur la clientèle infantile, signe que le phénomène est relativement nouveau.

La grande question est de savoir si les enfants ont leur place dans les centres de santé. Est-ce vraiment bon pour eux? Les bienfaits qui résultent d'un massage sont connus et ne devraient pas être remis en question. Il en va autrement pour les bains à remous et les saunas.

Dominic Chalut, urgentologue pédiatrique à l'hôpital Sainte-Justine de Montréal, se montre prudent: «J'hésite à dire un non catégorique. Si c'est une façon pour un parent et son enfant d'être ensemble, tant mieux. Mais il est important de garder en tête qu'un enfant n'a pas la même masse corporelle qu'un adulte et que son corps se réchauffe beaucoup plus vite, d'où le risque d'hyperthermie. S'il a trop chaud, l'enfant n'aura pas tendance à le dire comme le ferait un adulte.»

Par ailleurs, ajoute-t-il, les bains à remous peuvent être d'excellents vecteurs de bactéries. «Un enfant aura moins de retenue qu'un adulte, il va peut-être avaler plus d'eau. Il faut limiter la durée d'exposition à la chaleur. Je n'ai jamais eu de cas comme tel à l'urgence. Mais ça pourrait changer si, comme vous le dites, il y a de plus en plus d'enfants qui vont dans les centres de santé», prévient le Dr Chalut.