Solange Beaudoin, 54 ans «Au départ, on est des marcheurs. En route, on devient des pèlerins.»

Simon Diotte LA PRESSE

Avant d'entreprendre le pèlerinage Ottawa-Montréal en 2008 pour se remettre en forme, Solange Beaudoin n'avait jamais fait de longue randonnée, ni voyagé seule de sa vie, sans son mari et ses trois enfants. Ce fut pour elle une révélation.

«Tant qu'on n'a pas fait un pèlerinage, on ne sait pas dans quoi on s'embarque. Tout en apprenant beaucoup sur moi-même, j'ai ressenti, pendant ce périple, une grande liberté. Sac à dos aux épaules, je me sentais comme une adolescente. C'était merveilleux!» raconte-t-elle.

 

En chemin, beaucoup de gens accostent les pèlerins, leur offrent une chaise pour se reposer, un peu de nourriture ou de l'eau. «Souvent, ces bons samaritains nous demandent pour quelle cause on marche. J'étais tellement heureuse de leur dire: je marche pour moi!» se souvient-elle.

Enchantée par son expérience, elle a décidé, à son retour, de s'engager bénévolement sur le conseil d'administration du chemin des Outaouais. Cet été, elle ne marchera pas, mais elle a néanmoins eu la piqûre pour ce genre de voyage. «À ma retraite, je veux redécouvrir le Québec à pied», conclut-elle.

Raymonde Arsenault, 60 ans «Après quelques jours, on élargit nos horizons.»

Cette retraitée du réseau de la santé rêvait de faire Saint-Jacques-de-Compostelle, sauf qu'elle l'avoue elle-même, elle n'aime pas tellement la chaleur! Elle a donc opté pour parcourir la Gaspésie à pied, à travers le pèlerinage Terre catholique pratiquante. Cette Gaspésienne, qui travaille aussi dans l'organisation de ce pèlerinage, accorde beaucoup d'importance à l'aspect oecuménique de cette marche, qui fait le lien entre les diverses dénominations chrétiennes présentes en Gaspésie. «C'est tellement beau de voir tous ses gens qui se réunissent dans la prière», dit-elle.

Pour elle, un pèlerinage est une pause salutaire dans le quotidien. «En marchant en groupe, on réalise comment chaque humain a des choses semblables à partager», dit-elle. Elle adore voir la transformation qui se produit dans la tête de chaque pèlerin au fil des jours. Cet été, elle effectuera le pèlerinage Cap-Chat/Gaspé et l'an prochain, elle s'envolera pour un pèlerinage aux Îles-de-la-Madeleine.

Pierre Charlebois, 65 ans «En pèlerinage, on vit dans un monde idéal, sans responsabilités.»

Cet enseignant à la retraite est un vétéran pèlerin. En 1999, il fut de la première cohorte à marcher sur le chemin des Sanctuaires, le petit Compostelle québécois reliant l'Oratoire Saint-Joseph à Sainte-Anne-de-Beaupré. De cette randonnée, un souvenir lui revient immédiatement à la mémoire: ses maux de pieds! «J'étais très mal chaussé! C'est difficile de marcher des kilomètres et des kilomètres sur l'asphalte!» se remémore-t-il.

Malgré les ampoules, son expérience l'a enchanté. «Au rythme de nos pas, on a le temps d'admirer et de découvrir les plus beaux villages du Québec», dit-il. Par la suite, il a quitté le Québec pour explorer divers chemins de Compostelle, en partant du Puys-en-Velay, de Genève et de Vézelay.

«C'est magique comme expérience. Le plus difficile après cela, c'est de revenir à la réalité», dit-il.

En 2007, il a fait le chemin des Outaouais et en 2008, il a fait dans le même été le chemin des Sanctuaires à Montréal et le pèlerinage de Pointe-au-Père jusqu'à Sainte-Anne-de-Beaupré. Et ce n'est pas fini. En 2009, il marchera pour une deuxième fois sur le chemin des Outaouais. Quand on est passionné de la marche, ce n'est pas une petite ampoule qui nous arrête.