Haute-Savoie française, vallée d'Aoste italienne, Valais suisse: en neuf jours de randonnée pédestre en autonomie autour du massif du Mont-Blanc, on passe allègrement d'un pays à l'autre sous le «toit de l'Europe». Un parcours alpin époustouflant de beauté.

Publié le 9 juin 2010
Anne Pélouas LA PRESSE

Des fleurs à profusion dans les alpages verdoyants, des sommets enneigés aux noms prestigieux (mont Blanc, bien sûr, culminant à 4810 m, mais aussi aiguille du Midi ou Grandes Jorasses), de longues traînées glacières, de petits villages de charme au fond de vallées encaissées...

 

Le circuit de «moyenne montagne» du TMB (Tour du Mont-Blanc) offre une variété incroyable de paysages et de plaisirs visuels. Grand classique des Alpes, le tour complet du massif en forme d'amande (150 km) se fait en 11 jours de marche, mais nombreux sont ceux qui n'en prennent que six, en tour guidé, avec une partie du trajet effectué en bus dans les vallées.

En neuf jours relativement intensifs, de Saint-Gervais à Chamonix dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, il est possible d'en faire quasiment le tour par le sud, avec un seul court parcours en bus côté suisse!

Résultat des courses: tout de même près de 16 000 m de dénivelé dans les jambes, bien répartis en montées et en descentes quotidiennes, à raison de cinq à neuf heures de marche par jour. À ce rythme, on oscille presque toujours entre 1000 à 2500 m d'altitude, dans un cadre naturel de haute montagne. Le sentier de grande randonnée (GR) du TMB, bien indiqué, suit presque en permanence les contreforts du célèbre massif.

Du coup, le marcheur voit littéralement défiler sous ses yeux des aiguilles rocheuses acérées (dépassant les 3600 m), de véritables mers de glace aux langues s'étirant dans les vallées latérales, des cols qui semblent «fermer» un paysage pour en découvrir un autre, tout aussi magnifique.

Le parcours ne présente pas de difficultés majeures, pour peu qu'on soit en bonne forme physique et bien équipé, sauf sur quelques sentiers superbes, mais qu'on peut éviter, comme les «variantes» du col des Fours, au sud, et la Fenêtre d'Arpette, au nord (tranchant le massif au couteau... suisse). Quelques descentes sur névés (plaques de neige) ou montées sur échelles fixées au roc (dans la réserve des Aiguilles-Rouges) donnent du piquant aux randonnées.

La journée s'organise selon un rituel vite établi. Elle commence tôt et, après un solide petit-déjeuner, on se met en route, sac au dos et bâtons télescopiques en main. La pause lunch s'impose avec vue panoramique, et les arrêts photo sont nombreux. À l'arrivée au gîte ou au refuge, orteils libérés et douches chaudes sont de rigueur avant un copieux souper et un coucher hâtif. En route ou le soir, on retrouve souvent les mêmes groupes. Les langues se délient, des amitiés de circonstance se nouent...

Parfois, on commencera la journée par une descente en vallée, parfois par une rude ascension vers un col d'alpage. Souvent, le GR TMB transite de vallée en vallée et de col en col dans une même journée... Parfois, il fera chaud au point de marcher en short, mais il faudra, deux heures plus tard, mettre tuque et mitaines pour affronter un vent mordant ou une pluie glaciale! Les conditions météo changent vite en montagne. On prendra soin de consulter les prévisions chaque jour et de ne pas s'aventurer sur certains sentiers par mauvais temps...

Changement de décor

Au premier jour en France, plusieurs hameaux montagnards bien tranquilles s'égrènent dans la bucolique vallée du Nant-Borrant. Le lendemain, changement complet de décor pour monter à travers les alpages fleuris de renoncules et de rhododendrons jusqu'au col de la Croix-du-Bonhomme, battu par le vent.

D'Italie, on retiendra deux magnifiques journées, au cours desquelles on ne saura de quel côté regarder pour admirer le chemin parcouru du col de la Seigne au refuge Elena sur un sentier en forme de belvédère fleuri épousant un relief torturé.

En Suisse, l'exigeant passage de la Fenêtre d'Arpette sera le clou du voyage. On ne regrettera pas d'avoir engouffré la veille un copieux rösti en guise de goûter! Suit une belle incursion dans le patrimoine du Valais, en longeant dans la descente vers Trient l'un des plus beaux exemples de bisses, drôles de tuyauteries anciennes, taillées dans les parois rocheuses, creusées dans le sol ou suspendues dans les airs. Elles permettent encore d'abreuver en eau des montagnes les plaines et bas-coteaux du canton suisse.

Au retour en France, par le nord du massif du Mont-Blanc, celui des Aiguilles-Rouges nous servira de belvédère naturel pour admirer longtemps le sommet mythique, entouré de sa grande famille de pics enneigés et de brillants glaciers.

 

REPÈRES

Quand partir?

Fin juin, début juillet: la floraison est à son maximum, les gîtes et les refuges ne sont pas pleins à craquer et le GR n'est pas encore une autoroute!

Où loger?

En gîte ou en petit hôtel dans les vallées, en refuge sur les hauteurs; demi-pension et réservations fortement conseillées.

Avec soi

Topo-Guide Tour du Mont-Blanc (librairies Ulysse), sac à dos, bâtons de marche, lunettes de soleil, crème solaire, eau, casquette, vêtements pour toutes conditions - notamment chauds et imperméables - , bonnes bottes de randonnée, lampe frontale, carte, boussole et jumelles éventuellement.