Vous avez du mal à vous rappeler certaines règles d'accord du participe passé avec l'auxiliaire avoir? Les verbes faussement pronominaux vous donnent du fil à retordre? Et si on vous proposait des exemples issus de la littérature coquine, peut-être que cela aiderait votre mémoire...

Mis à jour le 3 mai 2010
Silvia Galipeau LA PRESSE

C'est du moins le pari qu'a fait le linguiste à la retraite Jacques Ouimet, un passionné des mots qui vient de publier la Grammaire érotique, aux éditions La musardine. Le livre, un manuel de grammaire pour les grands, est parsemé de dessins «plus que coquins», d'extraits de Sade et d'Apollinaire, d'Oscar Wilde et de Colette, qui illustrent joliment un sujet souvent ardu: la grammaire. Tout y est: les types de phrase (interrogative, les propositions subordonnées), les fonctions (sujet, compléments d'objet), sans oublier les verbes et toutes leurs irrégularités. La grammaire, donc, dans les règles de l'art, mais avec des exemples littéraires hors du commun.

Oui, le mot «con» revient en effet ici souvent. De même que «vit» et «clitoris». Mais c'est pour la bonne cause. «Ils se branlaient doucement; lui, lui pinçant le clitoris; elle pressant son pouce sur le méat du vit. (Apollinaire)» Vous comprendrez ici que le verbe branler, tout comme masturber d'ailleurs, est faussement pronominal: on peut branler quelqu'un, ou encore soi-même. Et comme tout bon verbe faussement pronominal, le participe passé s'accorde comme si le verbe était conjugué avec l'auxiliaire avoir, c'est-à-dire qu'il s'accorde avec le complément d'objet direct (COD), si celui-ci est placé avant.

Vous avez tout compris? Voici un petit exercice tiré du livre, histoire d'en avoir le coeur net. Trouvez l'erreur dans la phrase qui suit:

Il m'a chatouillée le clitoris, puis m'a enivrée de vin rouge. *

* Réponse: chatouillé. Le COD est placé après: il a chatouillé quoi? Le clitoris. Donc invariable.

Jacques Ouimet, Grammaire érotique. Liaisons dangereuses entre les plaisirs de la chair et les plaisirs de la langue, La musardine, 2010.