Les croissants de soleil pour déjeuner chantés par Ginette Reno seront bientôt réalité. Santé Canada autorise l'ajout de vitamine D - aussi appelée la vitamine soleil - dans certains produits de boulangerie, a appris La Presse.

Marie Allard LA PRESSE

«Les fabricants peuvent commencer à ajouter de la vitamine D aux pains à la levure et aux produits de boulangerie non normalisés levés à l'aide de levure, comme les croûtes à pizza, les préparations pour pain, les beignets, les croissants et les bagels», a expliqué Leslie Meerburg, porte-parole de Santé Canada. Une autorisation de mise en marché provisoire a été publiée dans la Gazette du Canada.

Santé Canada a conclu que cet apport supplémentaire en vitamine D «est sécuritaire» et qu'il «empêcherait ou corrigerait une carence dans la population ou dans des groupes de population précis», a indiqué Mme Meerburg.

Un maximum de 90 unités internationales (UI) de vitamine D par 100 g de produit de boulangerie est autorisé. La surdose est impossible: il faudrait manger près d'un pain tranché pour atteindre les 200 UI par jour actuellement conseillés aux adultes par le ministère fédéral.

Cette recommandation pourrait d'ailleurs être revue à la hausse bientôt. Aux États-Unis, l'Institute of Medicine a indiqué en novembre qu'il fallait tripler l'apport de «vitamine soleil» chez les 2 à 50 ans, pour atteindre 600 UI par jour. La Société canadienne du cancer va plus loin, en recommandant aux adultes de prendre un supplément de 1000 UI de vitamine D par jour, en automne et en hiver, afin de réduire le risque de contracter cette maladie. Santé Canada analyse actuellement ces nouvelles recommandations.

La vitamine D aide l'organisme à utiliser le calcium et le phosphore pour maintenir des os et des dents solides, selon Santé Canada. Elle pourrait aussi avoir un lien avec le cancer, les maladies cardiovasculaires, le diabète et les problèmes immunitaires.

Déjà des pains qui fournissent de la vitamine D

C'est le fabricant Lallemand, fournisseur de 40% de la levure utilisée par les boulangers canadiens, qui a demandé au ministère fédéral d'autoriser l'ajout de vitamine D au pain. «On a développé un produit qui fait lever la pâte et qui est naturellement riche en vitamine D», a expliqué Jacinthe Côté, directrice adjointe des communications de Lallemand. Toutes les levures de la société vendues en Amérique du Nord fournissent «des quantités variables de vitamine D», a-t-elle précisé.

Déjà, la boulangerie St-Méthode commercialise la gamme Campagnolo comme étant «une bonne source de vitamine D». Deux tranches de ces pains fournissent 15% de la vitamine D recommandée. «Ce n'est pas une addition de vitamine D à nos ingrédients, c'est dans la levure, a indiqué Laurent Samson, directeur du marketing de la boulangerie de Chaudière-Appalaches. C'est comme si on mettait des oranges dans le pain, on aurait de la vitamine C. C'est un avantage concurrentiel.» Même des pains à hot-dogs et hamburgers sources de vitamine D sont vendus par St-Méthode, dont les ventes ont bondi de 22% cette année.