Le Canada fait piètre figure lorsqu'il s'agit de la santé des enfants et des adolescents, estime la Société canadienne de pédiatrie. Dans un rapport intitulé En faisons-nous assez? publié ce matin, le groupe juge durement les mesures du pays en la matière.

Ariane Lacoursière LA PRESSE

Le rapport souligne entre autres choses que le Canada tarde à agir pour limiter la pauvreté. Des 30 pays les plus riches du monde, le Canada arrive au 20e rang pour ce qui est de la pauvreté des enfants. Quelque 639 000 enfants vivent sous le seuil de pauvreté, dont bon nombre d'autochtones. Parce qu'un jeune autochtone sur quatre vit dans la pauvreté, le gouvernement doit faire plus pour les aider, estime la Société canadienne de pédiatrie.

Problèmes de santé mentale

Dans son rapport, le groupe souligne également que l'accès aux soins psychiatriques est nettement insuffisant au pays, alors que 14% des Canadiens de moins de 20 ans ont un problème de santé mentale. Plusieurs études ont pourtant démontré qu'une intervention précoce dans ces cas est moins coûteuse et plus efficace qu'un traitement.

La pénurie de pédiatres est aussi criante partout au pays, particulièrement dans les régions rurales. Cette pénurie prive les enfants d'un suivi médical adéquat, déplore la Société canadienne de pédiatrie.

Même si plusieurs éléments doivent être améliorés, le Canada fait tout de même bonne figure en ce qui concerne la couverture vaccinale des enfants, le dépistage des problèmes auditifs chez les nouveau-nés et la lutte contre le tabagisme.

Comparativement aux autres provinces, le Québec doit toutefois faire plus pour protéger les jeunes contre les méfaits du tabac.

Les auteurs du rapport recommandent notamment que la province adopte une loi interdisant de fumer dans les voitures lorsque s'y trouvent des passagers de moins de 16 ans.

Une loi devrait également être adoptée pour obliger les citoyens à porter le casque de vélo. Chaque année, une vingtaine de jeunes canadiens meurent à la suite d'un accident de vélo.