Les personnes souffrant de dépression majeure mettent plus de temps que les autres à retrouver une fréquence cardiaque normale après un effort physique. Cette découverte de chercheurs montréalais pourrait expliquer pourquoi les gens déprimés sont deux fois plus susceptibles d'être victimes d'un infarctus que les autres.

Marie-Claude Malboeuf LA PRESSE

«L'allongement du délai de récupération de la fréquence cardiaque révèle un dysfonctionnement de la réaction au stress. Nous pensons que ce dysfonctionnement peut contribuer à majorer [le] risque de maladie cardiaque» des personnes atteintes de dépression, explique Simon Bacon, professeur au département des sciences de l'exercice de l'Université Concordia et chercheur à l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM). Autre possibilité: que les personnes déprimées aient davantage tendance à ruminer après une tâche désagréable, ce qui perturberait tout autant leur fréquence cardiaque.

Publiée dans la revue Psychophysiology, la recherche insiste sur l'importance de dépister - et de traiter - les maladies cardiovasculaires chez les sujets souffrant de dépression majeure.

Au total, 886 participants, âgés en moyenne de 60 ans, ont pris part à la recherche menée à Concordia, en collaboration avec l'ICM, l'Université McGill, l'hôpital du Sacré-Coeur, l'UQAM et l'Université de Calgary. Près de 6% des participants avaient fait l'objet d'un diagnostic de dépression majeure.

Une minute après l'effort, leur fréquence cardiaque avait diminué de 18 battements/ minute, contre près de 22 battements/ minute pour les autres participants. Ils ne se sont pas démarqués pour autant relativement à leur tension artérielle. Enfin, cinq minutes après l'effort, rien ne distinguait les deux groupes.