Vous êtes timide, tolérez mal l'effet de la caféine et avez en horreur le papotage? Comme une personne sur cinq, vous êtes probablement du type très sensible. L'environnement social y est pour beaucoup, pensez-vous. Pas nécessairement. Ce serait d'abord affaire de neurones, ont découvert des neuroscientifiques américains et chinois.

Sophie Allard LA PRESSE

Soumis à un test d'imagerie magnétique fonctionnelle, des sujets très sensibles ont montré une activation cérébrale plus intense dans les parties du cerveau liées au traitement de l'information visuelle que les autres. Grâce à l'étude expérimentale publiée dans le numéro de mars 2010 de Social Cognitive and Affective Neuroscience, on sait désormais que ces personnes accordent plus d'attention aux détails, mettent plus de temps à prendre une décision et sont facilement ennuyées par les «conversations de couloir».

Grâce à des études précédentes, on savait déjà que les gens sensibles sont souvent timides et introvertis, qu'ils sont plus facilement effrayés, qu'ils sont davantage affectés par la caféine, qu'ils n'aiment pas le bruit ni les foules. Les enfants pleurent facilement, ont des pensées profondes et posent souvent des questions inusitées. Parce que leur sensibilité semble générale, ils ont tendance à observer avant d'agir.

Est-ce perdant d'être sensible? Pas du tout, s'entendent les biologistes. Si les individus sensibles - que l'on trouve au sein de plus de 100 espèces animales - sont toujours minoritaires, ils présentent un avantage évolutif dans des situations potentiellement dangereuse, au moment de faire un choix difficile ou lorsque l'occasion demande de l'ingéniosité.

Avec LiveScience