Les filles, c'est aujourd'hui que ça se passe. On sort, on va à l'école, au boulot, dans la rue et dans le métro sans fard ni artifice. Vous avez bien compris: sans fond de teint, cache-cernes, même pas un tout petit peu de rouge à lèvres, encore moins un soupçon de mascara. Niet. Et ce, même (surtout?) si vous avez à rencontrer le futur homme de votre vie. Trois filles ont osé. Devant caméra en prime. Un documentaire témoin fait le point.

Mis à jour le 8 juin 2011
Silvia Galipeau LA PRESSE

Elles s'appellent Sandra, Marie-Josée et Ève. Elles sont belles, dynamiques, célibataires. Et à l'invitation de Canal Vie, elles se sont aussi pliées à un exercice pour le moins original, périlleux, audacieux: elles ont accepté de faire la rencontre d'un homme, un inconnu, devant la caméra, sans mascara. Au naturel, quoi.

Ce n'est pas rien: tenter de séduire un inconnu, sans mascara, crayon, ombre à paupières ou un fond de teint quelconque. Faire une bonne première impression, sans une retouche au crayon. Le résultat, le documentaire Belle au naturel - la séduction, présenté aujourd'hui à Canal Vie, s'inscrit dans une série d'événements marquants la deuxième journée officielle sans maquillage, lancée conjointement par le magazine Elle Québec, Rock Détente, et bien sûr, Canal Vie.

«Pour nous, les femmes, c'est carrément dans nos gènes. Jamais on ne penserait rencontrer un gars la première fois pas arrangées! Pour la majorité des femmes, c'est impensable», explique la réalisatrice Denise Payette. Le documentaire alterne entre divers témoignages des trois «cobayes», des scènes de shooting du magazine Elle Québec (voir autre texte), et des analyses d'experts. On entend tantôt la chanteuse Andrée Watters expliquer que, pour elle, le maquillage est carrément «un outil de travail», l'animatrice de Canal Vie Saskia Thuot affirmer qu'elle «n'a pas le choix dans (son) métier», ou la comédienne Julie Le Breton dénoncer le «double standard» dont sont victimes les femmes. Alors que, chez les hommes mûrs, les rides sont plutôt appréciées, chez les femmes, chaque imperfection est remarquée, regrette la comédienne. «Merde, je suis une femme, je joue une femme dans la trentaine, est-ce que c'est possible qu'il soit accepté, ce modèle-là?»

Vrai, la plupart des femmes se maquillent par choix, pour se donner de l'assurance. Se sentir belles. Sûres d'elles. «Sans maquillage, on ne se sent pas à notre maximum. Cela peut nous rendre un peu moins confiantes», témoigne aussi Ève, 26 ans, qui avoue se maquiller même pour aller au dépanneur.

«Quand t'es cute, tu obtiens ce que tu veux», poursuit Sandra, 38 ans, pour qui draguer sans maquillage la pousse carrément à «sortir de sa zone de confort».

C'est sûr, confirme la sexologue Jocelyne Robert. Mais est-ce bien le maquillage qui permet aux femmes de séduire, qui leur donne le sentiment d'être belles et leur permet d'avoir plus d'aplomb? «À partir du moment où il y a le sentiment (d'être plus belles), naturellement ça a un impact!», fait-elle valoir.

Le verdict revient évidemment aux hommes (dans le film, une «blind date», un nouvel «ami» Facebook, et des abonnés du speed dating). Et il est sans équivoque. Interrogés, à savoir si la femme qu'ils ont rencontrée portait ou non du maquillage, les gars ici filmés semblent tous dubitatifs: «Du maquillage? Je pense qu'elle en portait, j'ai pas remarqué...»

«C'est la plus grande découverte qu'ont faite les filles (dans le documentaire). Les hommes ne remarquent même pas si on est maquillées ou pas! conclut la réalisatrice Denise Payette, tout sourire. Les gars, eux, ils ont vu d'autres choses: la conversation des filles, leur confiance en elle, leur beauté physique. Si elles avaient du rouge à lèvres ou pas, ils n'ont pas remarqué!»

Morale? «C'est nous qui exigeons beaucoup de nous-mêmes. Mais ce qui est séduisant, c'est une fille bien dans sa peau, rayonnante. La séduction, ça n'est pas lié au fond de teint.»

Belle au naturel - la séduction, un documentaire signé Denise Payette, est diffusé à 15h et 21h, aujourd'hui à Canal Vie.

Photo: fournie par Canal Vie

Les trois participantes au documentaire: Marie-Josée, Sandra et Ève.