Des cours de langue tous les jours, du français, de l'anglais, et pourquoi pas de l'espagnol. Des cours d'art plastique, aussi, d'informatique, même de sciences et de mathématiques. Parce qu'il n'y a pas d'âge pour apprendre, dit-on, des garderies privées rivalisent d'imagination pour enrichir leur programme pédagogique. Un rapide survol fait le point.

Mis à jour le 9 sept. 2011
Silvia Galipeau LA PRESSE

Oubliez les Bouts de chou* ou les Petits coquins*. Les garderies à vocation pédagogiques sont ici des «Académies préscolaires» ou encore des «collèges». Au menu: des activités dirigées, un enseignement encadré, des cahiers à compléter.

Ainsi, à la garderie Excelsiori, à Gatineau, les enfants de 2 à 5 ans font des ateliers de français, d'anglais et de mathématiques tous les jours. Dès 3 ans, ils commencent l'espagnol. Les bambins font aussi de l'éducation physique et de la danse selon «un horaire très strict», signale la responsable par intérim, Stéphanie Richard. À 4 ans, ils apprennent ensuite «les bases des mathématiques», avec une initiation aux additions et soustractions avec des formes, mais aussi des chiffres. «Des fois, les enfants se tannent, alors on les laisse jouer un peu, avant de recommencer», glisse-t-elle.

«C'est qu'il y a une demande, poursuit-elle. Nous, ce qu'on offre, c'est un plus. Une bonne base pour que les enfants soient bien à la maternelle.»

En effet, malgré les quelque 760$ requis par mois (autour de 38$ par jour), la liste d'attente compte plus de 300 noms, pour un total de 50 places.

Même son de cloche du côté de l'Académie préscolaire Mont-Royal, qui offre, outre des cours de musique, d'éducation physique et de sciences toutes les semaines, une formation en écriture et en lecture aux jeunes d'âge préscolaire, le tout pour 50$ par jour, pour les enfants de plus de 18 mois. «Notre objectif, signale la propriétaire Barbara Colacci, c'est que les enfants soient en préécriture et prélecture quand ils quittent la garderie pour la maternelle. Des écoles privées nous ont déjà contactées pour qu'on leur adresse des enfants», signale fièrement la directrice de la garderie de Mont-Royal.

À la garderie éducative bilingue Face à Face, à Laval, pour 30$ par jour, toutes les activités sont faites dans les deux langues, en français et en anglais. Les enfants travaillent différents sujets («On répète les drapeaux des pays du monde, par exemple») tous les matins, en plus de remplir leur cahier d'exercices, pendant une heure. «C'est très structuré, explique l'assistante directrice Lucie Van. Ici, il n'y a pas d'activités libres le matin.»

Idem au «Collège» des Moulins, à Terrebonne, où, pour 39$ par jour, les éducatrices s'adressent aux enfants du préscolaire (3-5 ans) dans les deux langues, toute la journée. «Notre objectif, c'est que les enfants soient vraiment prêts et aptes à faire leur entrée à la maternelle... privée», justifie la propriétaire, Prescillia B. Boily. La liste d'attente, ici aussi, dépasse les 300 noms, pour 80 places.

* noms fictifs