Sur le web, les (Z)imparfaites portent un sac de papier brun sur la tête. Mais elles se dévoilent, d'un couvert à l'autre, dans leur Guide de survie, un livre lancé cette semaine à grand renfort de vin rosé!

Mis à jour le 16 oct. 2009
Isabelle Audet LA PRESSE

Nancy Coulombe et Nadine Descheneaux, les auteures du blogue les (Z)imparfaites (www.lesimparfaites.com), présentent un recueil des chroniques publiées sur l'Internet depuis un peu plus d'un an. Au cours des derniers mois, elles se sont retrouvées parmi les blogues de maternité les plus lus au Québec. Un succès qu'elles doivent à un sens de l'humour aiguisé et à des prises de position tranchées contre l'obsession de la performance.

«Elles ont lu tous les livres sur la maternité, la naissance, l'éducation des enfants de 0-5 ans, l'alimentation des nouveau-nés, l'approche sensorielle, le guide étape par étape d'anticipation de l'adolescence... Puis, elles les ont balancés à la «récup», écrivent les auteures dans la présentation du Guide de survie des (Z)imparfaites.

Leur devise maternelle: nous pensons aux enfants, mais nous pensons à nous aussi.

«On voit notre livre comme un GPS, pour éviter que la mère se retrouve dans un cul-de-sac», explique Nancy, mère de triplés de 6 ans. Le soir du lancement, elle allait d'un invité à l'autre, toujours accompagnée d'un membre du trio.

Le livre présente les billets les plus marquants du blogue et les chartes que les blogueuses affichent à l'occasion des périodes particulières de l'année.

Ainsi, la charte de la rentrée scolaire des (Z)imparfaites stipule que les parents ont le droit d'allumer eux-mêmes la télé dès l'arrivée des enfants après l'école, ou encore de raconter un mensonge à l'école pour offrir une journée pyjama aux petits, à la maison.

La charte «post-relâche scolaire» stipule aussi que les parents ont le droit de faire un câlin à la machine à café du bureau à leur retour de congé, et qu'ils ont la permission d'arriver plus tard au service de garde, «parce que les enfants se sont tellement ennuyés de leurs amis» !

Une tendance

Après la blogueuse Caroline Allard (Mère Indigne), plusieurs mères ont publié des billets sur l'Internet pour réclamer, de temps à autre, la fin de la course à la performance et la mort de la superwoman. Les (Z)imparfaites en ont fait leur marque de commerce.

«Au-delà de la mode, c'est un état de fait de la mère en 2009, précise Nancy. Elle est rendue là. Elle est à bout. Elle a essayé de tout faire et elle se rend compte que ça ne tiendra pas. Ça fait du bien à toutes ces mères de le dire publiquement.»

Nadine Descheneaux, mère de deux jeunes enfants, ajoute que le sentiment de culpabilité est un sentiment surtout maternel, d'où l'importance d'en parler entre femmes sur le web. «Les pères ne se sentent pas coupables de tourner les coins ronds, eux. Se comparer, se sentir coupables, c'est surtout une affaire de mères». dit-elle.

«Oui, on aspire à la paternité!» blague Nancy.

Enfin, elles plaident que le droit à l'imperfection ne fait pas d'elles des mères négligentes. «Je souhaite le bien-être de mes enfants, nuance Nadine. Je dis seulement qu'il ne faut pas oublier le bien-être de la mère dans tout cela.»