C'est une sapristi de bonne idée. La nouvelle sitcom de Vrak.tv, Vrak la vie, se moulera à l'horaire de ses téléspectateurs: pendant les congés prolongés, l'émission ne jouera que sur le web afin que les pré-ados branchés puissent rattraper en tout temps et n'importe où les épisodes ratés en raison d'une virée à La Ronde ou d'une soirée au cinéparc, par exemple.

Hugo Dumas LA PRESSE

Au son de la cloche de la rentrée, le 24 août, Vrak.tv rapatriera Vrak la vie dans sa grille régulière. Fini l'internet. À Noël, ouste! la série retournera exclusivement sur le www.vrak.tv, pour redéménager sur les ondes conventionnelles, en janvier, avec la rentrée scolaire. Vous suivez toujours? Super. Enfin, des accommodements raisonnables qui plairont autant aux parents qu'à leur progéniture.

 

«On se rapproche du quotidien de nos téléspectateurs. Les jeunes ne quittent pas nécessairement la télé. Elle leur sert encore d'échappatoire. Ils la regardent, tout en clavardant sur l'ordinateur», souligne la vice-présidente à la programmation de Vrak.tv, Dominique Bazay.

Vrak la vie tournera autour de quatre ados de troisième et quatrième secondaire fréquentant la polyvalente (fictive) Isidore-Cliche. Il s'agit du timide Pierre (l'humoriste Pierre Hébert), du paresseux Phil (Philippe Laprise, révélation de l'année aux Olivier), de la magasineuse compulsive Cathou (Marie-Soleil Dion) et de la studieuse Magali (Marie-Claude St-Laurent). Le style de cette sitcom qui vise les 9-14 ans? Une ligne, un punch.

Autour de ces quatre amis inséparables graviteront le directeur de l'école (Patrice Coquereau), le prof de français (Patrice Bélanger), le professeur d'éducation physique (Michel Courtemanche), la conseillère en orientation (Sophie Faucher) et la cuisinière (Danielle Fichaud).

«C'est une école comme il y en a partout au Québec. Et nous y suivrons des ados normaux, qui vivent dans des familles équilibrées. Dans une émission, on passe une journée à l'école avec les jeunes, de l'entrée jusqu'à la sortie», explique la productrice au contenu de Vrak la vie, Izabel Chevrier.

Autre nouveauté: les thématiques abordées dans Vrak la vie respecteront également le calendrier réel des téléspectateurs. Dans la première capsule, que Vrak.tv mettra en ligne vendredi, le quatuor vivra le stress de la période des examens du Ministère. Comme les vrais élèves québécois. Fin août, Vrak la vie plongera dans l'angoisse de la rentrée. Comme dans la vraie vie. Et ainsi de suite.

Sur le Web, les vignettes dureront entre 20 et 80 secondes. À la télé, les 26 émissions de 30 minutes regrouperont une série de capsules, empruntant un peu le modèle des Parent et d'Un gars, une fille. «Nous nous sommes beaucoup inspirés de la consommation de clips sur YouTube des adolescents», constate Izabel Chevrier.

Ce modèle de diffusion hybride, une première au Québec, soulève quelques questions: Vrak la vie perdra-t-elle des téléspectateurs en les bousculant ainsi d'un canal à l'autre? «Les vrais fans vont suivre. Ce sont eux qui vont créer le buzz», souligne Martin Lessard, consultant en médias sociaux spécialiste de la webtélé.

Autre point à considérer: «Avec la télé traditionnelle, il y a une notion de passivité, de rituel, d'habitude. Pas sur le web. Le canal internet est un canal actif. Pour accrocher sa gang et pour qu'ils restent, Vrak.tv devra penser à ajouter un outil de socialisation», croit Martin Lessard.

Dernier truc qui me turlupine avec ces émissions pour les ados: pourquoi les chaînes s'entêtent-elles à embaucher des adultes pour jouer des jeunes de 14 ans? «Ç'a été toute une discussion. Nous avons fait un premier casting avec des comédiens beaucoup plus jeunes. Puis, en voyant Philippe Laprise et Pierre Hébert, nous sommes tombés en bas de notre chaise», note Dominique Bazay, de Vrak.tv.

En espérant qu'aucun d'entre eux ne souffre du «carrément buzzant» syndrome Michel Couillard, que la communauté télévisuelle appelle aussi le syndrome Étienne de Passillé.