L'organisation qui représente les vignerons du Languedoc, dans le sud de la France, souhaite imiter leurs collègues de Bourgogne et de Bordeaux, et imposer une hiérarchisation des vins. Mais le projet est loin de plaire à tous les producteurs de la région.

Karyne Duplessis-Piché, collaboration spéciale CYBERPRESSE

Selon la nouvelle charte, les vins à bas prix et à grand volume seront nommés «AOC Languedoc» (Appellation d'origine contrôlée). Environ 60% des vins produits dans la région porteront le titre de «Grands vins». Enfin, les vins les plus chers auront droit au titre de «Grands crus».

«C'est de l'autoproclamation! Je ne suis pas du tout favorable avec ce nouveau système. Si ils mettent sur pied leurs Grands crus, c'est les tribunaux directs, je vous le garantie!», raconte le secrétaire général de l'appellation Minervois et vigneron du domaine La Tour boisée, Jean-Louis Poudou.

Selon le classement que souhaite lui imposer le Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL), son domaine situé à Minervois se classe dans la catégorie du milieu, soit dans les Grands vins.

«Grands vins de Bordeaux, qu'est-ce que ça vaut? Ça ne vaut rien! Ou tu es Grand cru ou tu n'es rien», ajoute le vigneron.

M. Poudou n'est pas le seul à se faire imposer l'étiquette de Grand vin contre son gré. Jean-Baptiste Sénat est lui aussi viticulteur à Minervois. Son vignoble est à 300 mètres de l'appellation Minervois-La Livinière qui a reçu, elle, la mention Grand cru.

«Ils prennent le problème à l'envers, explique M. Sénat. Selon leur méthode, un Grand cru ne peut pas être vendu moins de 10 euros la bouteille. Pour moi, une démarche de Grand cru, ça se fait d'abord à la vigne: l'arrêt des engrais chimiques, des vendanges à la main, des méthodes de travail qualitatives, etc.»

Face au tollé, le délégué général du CIVL, Jérôme Villaret, entend réviser son projet. «Mais on ne pourra pas mettre tout le Languedoc dans les Grands crus!» prévient-il.

>>>Consultez notre tableau sur la hiérarchisation des vins