C'était à l'automne 2005, un soir, à table, au Domaine de Chevalier (Pessac-Léognan), dans le Bordelais.

Publié le 16 oct. 2010
Jacques Benoit LA PRESSE

Servis à l'aveugle par son propriétaire Olivier Bernard, tous les vins, environ huit, de mémoire, étaient de millésimes qui se terminaient par le chiffre... cinq. Car, chose assez curieuse, il y a beaucoup de ces millésimes qui ont été très réussis, sinon excellents, pour le Bordelais. Tels 1945, 1955, 1985, 1995 et, plus près de nous, 2005.

Comme si le chiffre cinq portait chance à Bordeaux !

Le chiffre sept, lui, n'a pour ainsi dire jamais rien donné de bon pour ce qui est de Bordeaux, si ce n'est de 1947 qui fut exceptionnel.

Pour ces vins grandioses que sont si souvent les portos millésimés (ou vintage ports, comme on dit également)... mais négligés au Québec depuis quelques années, les millésimes en sept comptent fréquemment, tout au contraire, parmi les plus grands.

Ce fut le cas de 1927, 1947, 1977, 1997 et 2007, absolument magnifique comme le montrent les huit 2007 qu'a fait déguster récemment la SAQ à la presse spécialisée.

Les quantités qu'en a commandées la SAQ sont toutefois... microscopiques. Par exemple, 15 caisses de six bouteilles standard de Dow's, plus 10 caisses de 12 demi-bouteilles.

Soit en tout, donc, l'équivalent de 150 bouteilles... Une misère (hélas !), alors que Dow's 2007 (11 220 869, 82,75 $ les 750 ml), que j'ai noté pour ma part quatre étoiles et demie, est une merveille tant au plan de l'équilibre, de la concentration (rien de massif), de la pureté du fruit, de la texture... (Voir les notes de dégustation concernant ces 2007 sur cyberpresse.ca/benoit).

Alsace 2008 Pinot gris «Barriques» Domaine Ostertag, 26,55 $ (866 681),*** 1/2, $$$, 2010-2015.

Consolons-nous avec ce si beau vin blanc d'Alsace, vinifié et élevé en fûts, chose tout à fait inusitée pour l'Alsace. De couleur paille, son boisé est à ce point discret et bien lié à l'ensemble que les arômes caractéristiques du Pinot gris restent dominants. Ample en bouche, ne manquant pas de corps, harmonieux, il a aussi la grande qualité d'être sec (4,4 g de sucre résiduel), alors que beaucoup de ces vins d'Alsace sont un peu sucrés. Impeccable. 13,5 % (111 caisses).

Gigondas 2008 Domaine Grand Romane, 23,60 $ (10 936 427), *** 1/2, $$1/2, 2010-2014.

Pas de doute, ce Gigondas bien coloré, de Grenache et de Syrah, et élevé en fûts neufs, au bouquet de fruits rouges surtout, épicé (le bois), pourrait en remontrer à certains Châteauneuf-du-Pape. D'une bonne concentration, non sans finesse, ses tannins sont serrés, de qualité, et il a tout pour satisfaire les amoureux des vins du sud de la vallée du Rhône. Très réussi. 14,5 % (225 caisses).

Minervois 2009 Marielle et Frédérique Château Tour Boisée, 15,80 $ (896 381), ***, $1/2, 2010-2012.

Vin rouge non boisé, richement coloré sans qu'il soit opaque, tout en fruit, aux tannins veloutés, de Cinsault (40 %), de Grenache (40 %), de Syrah (10 %) et de Carignan (10 %), vinifié sans foulage préalable comme tant de beaujolais. Aimable, et même... facile, ce qui n'est pas un défaut. Savoureux. 13,8 % (132 caisses).

Beaujolais 2009 Mommessin, 14,25 $ (313 734), ** 1/2, $1/2, 2010-2011.

Attention, il s'agit du 2009 - superbe millésime dans le Beaujolais _ et non du 2008 encore très présent. Mais le 2009 apparaît peu à peu. Bien coloré, son bouquet est mûr, expressif, avec des notes comme de fraises. Souple, ses saveurs ont la netteté et l'éclat des vins de grands millésimes. Délicieux. 12,5 % (4147 caisses).

Dolcetto D'Alba 2009, Bric Del Salto Sottimano,18,15 $ (10 856 558), **1/2, $$, 2010-2013.

On dit souvent que les vins du cépage Dolcetto sont les beaujolais du Piémont. On le croit aisément à la dégustation de celui-ci, pourpre-bleuté, associant fruits noirs et fruits rouges, tout au plus moyennement corsé, aux tannins d'une certaine fermeté. Non boisé et fort bon. 13 % (144 caisses).

Valle del Limari 2008 Chardonnay Reserva Tabali,19,90 $ (11 333 361), ***, $$, 2010-2011?

Vin blanc chilien de Chardonnay, élevé en fûts, au boisé bien perceptible au nez, quoique sans rien d'exagéré ou de caricatural. De corps moyen, le bois se marie bien au fruit sur le plan gustatif, avec en fin de bouche des notes un peu fumées. 14 % (100 caisses).