Alex harvey n'a pas remporté la course. Mais il vient d'ajouter un titre à sa collection. Depuis 15h30, hier après-midi, il fait partie d'un groupe sélect. «Je suis officiellement devenu un olympien et samedi. quand je prendrai le départ du 30km, je ne serai plus une recrue», a dit le skieur de fond de Saint-Ferréol-les-Neiges après sa première participation à une épreuve olympique, hier.

Publié le 16 févr. 2010
Carl Tardif LE SOLEIL

Le fondeur de 21 ans avait de la suite dans les idées puisqu'il a pris le 21e rang du 15km libre disputé au centre de glisse du parc olympique de Whistler. Il a bouclé le parcours en 34 min 55,06 sec, ce qui lui a permis d'obtenir son classement le plus élevé sur cette distance.

«Je voulais briser la glace et je viens de réussir mon meilleur résultat à vie au 15km. J'ai battu ma 34e place par beaucoup. J'ai suivi le plan établi et il s'agit d'une belle préparation pour la suite des choses», a assuré Harvey.

Harvey portait le dossard no 11, hier. Il a senti des vibrations lui parcourir le corps lorsqu'il a entendu son nom prononcé en français et en anglais tout au long de la course. Au-delà de l'effort qui se lisait sur son visage, c'était pratiquement avec le sourire qu'il franchissait le fil d'arrivée.

«Je réalise un rêve d'enfance et c'était un jour émotif pour moi, même si je suis plutôt calme de nature. Mon père était ici, ma blonde, ma famille, j'étais un peu nerveux, mais ç'a vraiment bien été», a confié le fils du meilleur fondeur de l'histoire du pays, Pierre Harvey.

Un conseil du paternel

Le paternel a assisté à la prestation de son fils du haut de la tribune des télédiffuseurs, où il agissait comme analyste. Pour ce baptême olympique, Alex a mis en pratique le conseil qu'il lui avait donné.

«Il ne m'avait rien dit de précis sur le plan technique, mais il m'a recommandé de skier pour la raison que je le fais, soit pour l'amour du sport et du dépassement de soi», a répondu celui qui a vu son coéquipier, Ivan Babikov (8e) battre le meilleur résultat canadien aux JO, soit la 14e place... de son père en 1988, à Calgary.

«Mon père doit être très heureux, a souligné Alex. De toute manière, il m'a déjà dit que ce classement (14e) représentait une déception pour lui. Il n'était pas tellement content, à l'époque, lui qui avait remporté deux épreuves en Coupe du monde dans les deux semaines ayant suivi les Jeux», a pris la peine de rappeler celui dont la voix est identique à celle du paternel.

Une bonne journée canadienne

L'équipe canadienne a connu une journée fort productive devant la foule en rouge et blanc, s'offrant trois positions dans le top 30, soit Babikov (8e), Harvey (21e) et George Grey (29e). Babikov ne cachait pas sa joie d'avoir éclipsé le meilleur classement olympique canadien de l'histoire détenu jusque-là par le père de son coéquipier. «Je suis avant tout très fier d'être un Canadien et de représenter ce pays qui est le mien», a dit le natif de Syktyvkar, quelque part en Russie, près du cercle polaire.