1 Alex n'est pas le plus habile des sportifs

Simon Drouin LA PRESSE

«Je n'ai jamais été super agile avec mes mains et mes pieds. J'aurais aimé être bon en hockey, soccer, football ou tennis, mais je n'avais pas vraiment de talent pour ça. La coordination main-pieds, j'ai toujours été vraiment pourri là-dedans.» 

2 Alex est accro au site de microblogage Twitter

«J'ai commencé l'an dernier, aux Mondiaux en République tchèque. C'est Sean Crooks, un coéquipier qui est toujours au courant de ces nouvelles choses, qui avait initié les membres de l'équipe. Je fais mes mises à jour à partir de mon téléphone cellulaire. Je regarde ça de 30 à 40 fois par jour! À 30 secondes par fois, je dois donc passer de 15 à 20 minutes chaque jour là-dessus.»

3 Alex participe toujours à des courses de vélo de montagne

Avant de se consacrer exclusivement au ski de fond, il a participé à deux mondiaux juniors en vélo de montagne, se classant 23e à son dernier essai en dépit d'une préparation altérée par une fracture à un pied. Ce sport l'allume toujours autant. Pour le plaisir maintenant. À son avis, il devrait perdre une quinzaine de livres dans le haut du corps pour espérer redevenir le moindrement compétitif.

«J'ai encore plein de bons amis dans le vélo de montagne. J'ai fait les derniers championnats québécois à Gatineau. Quand ils m'ont vu arriver, ils ont dit: ouin, tu gagnes des médailles en Coupe du monde en ski de fond, tu vas être fort... Oublie ça. J'en fais peut-être une fois par semaine. Avec mes épaules larges de même, ils m'ont battu par quatre minutes.»

4 Alex porte des boucles d'oreille cubiques aux deux oreilles

«Je devais avoir 16 ou 17 ans et je me promenais au centre d'achat avec des chums. L'un d'entre eux, Antoine Bouchard, qui avait lui-même les oreilles percées, m'a dit: t'es pas game. Je lui ai répondu: si c'est toi qui paye, je le fais... Les cubes? Au début, je prenais les boucles d'oreille de mes soeurs. Maintenant, j'ai les miennes. Mais elles n'ont pas de valeur. C'est le genre d'affaires que tu achètes chez Aldo.»

5 Alex se mesure encore à son célèbre père Pierre

Fin janvier, à Lac-Beauport, Alex et son père Pierre Harvey ont participé à la même course régionale. Alex l'a emporté en 40 minutes. Pierre a été le meilleur de sa catégorie d'âge, arrêtant le chrono à 47 minutes. «À 12 ans, je devais le battre sur un sprint de trois kilomètres, évalue le fils. À 13 ans, sur un 5 km, et à 14 ans, sur un 10 km. Mais à 15 ans, il m'aurait encore battu sur un 50 km.»

6 Alex est un gars normal

«Si quelqu'un me voyait marcher dans la rue, il ne penserait pas que je suis un athlète olympique. C'est important pour moi de rester normal, d'être capable de me changer les idées, de rester équilibré (...) J'ai commencé le ski de fond super jeune. Mon père pensait que je serais écoeuré à 16-17 ans. Mais je suis capable d'avoir du fun avec les gars avec qui je m'entraîne, avec qui je voyage. Et la plupart de mes amis au Mont-Sainte-Anne ne font pas de ski de fond. Ils font du ski alpin, du snowboard. Je suis capable de connecter et de vivre une vie normale. Je vais à l'école, je rencontre des étudiants qui ont une job, qui travaillent comme serveurs ou dans un dépanneur. Le monde normal dans le fond. Je me rends compte qu'il y a autre chose dans la vie que mes deux planches et ma forme physique.»

Et glissent les skis

Contrairement aux sportifs du dimanche, les athlètes de fond ne planifient pas leurs sorties d'entraînement en fonction de la distance à franchir mais plutôt en temps d'effort.

Alex Harvey était donc un peu embêté quand on lui a demandé d'évaluer son kilométrage d'entraînement quotidien, hebdomadaire et annuel. D'autant qu'en ski de fond, la météo et la variété des conditions de neige ont un impact majeur sur la vitesse moyenne. Quand même, le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges est arrivé à cette estimation.

À noter que la distance annuelle inclut les kilomètres en ski de fond, ski à roulettes, course à pied, vélo de route et montagne.

1 journée: 45 kilomètres = distance entre le centre-ville de Montréal et Saint-Jérôme

1 semaine: 270 kilomètres = distance entre les centres-villes de Montréal et Québec

1 année: 15 750 kilomètres = distance entre Montréal et Sydney