Le Québécois Frédéric Niemeyer a offert tout en cadeau aux amateurs de tennis montréalais, aujourd'hui, en disposant du Russe Igor Kunitsyn, 7-5, 6-1, en première ronde de la Coupe Rogers. Niemeyer, que des blessures ont repoussé au 487e rang mondial, affrontera demain soir au deuxième tour le numéro un, Roger Federer.

Mis à jour le 10 août 2009
Michel Marois LA PRESSE

«J'ai toujours apprécié ce tournoi, surtout à Montréal, mais c'est peut être la première fois que j'offre une performance à la hauteur de mon talent», a souligné Niemeyer, à la fois heureux et soulagé. C'est ma dernière année sur le circuit professionnel et c'est super d'avoir la chance de jouer contre Roger (Federer), sur le central, devant la foule du Stade Uniprix.»

Niemeyer, qui n'avait remporté qu'un match en 11 participations à la Coupe Rogers - face à l'Espagnol David Sanchez en 2004 - a mis quelques temps à entrer dans le match face à Kunitsyn, le 38e joueur mondial.

«Il frappait les balles très rapidement, comme au ping-pong, et je n'avais pas le temps de réagir, a expliqué le droitier de 33 ans. Je me suis aussi frappé un genou sur un service - comme si je n'avais pas assez d'expérience pour éviter ça... - et la douleur a été très vive pendant quelques minutes.»

Après l'intervention du soigneur, Niemeyer a modifié sa stratégie et repris le contrôle du match.

«Je me suis mis à frapper des balles plus hautes et cela l'a dérangé, a-t-il expliqué. J'ai aussi mieux frappé mes services et cela s'est bien passé par la suite.»

En fait, Niemeyer a remporté 10 des 11 parties suivantes pour ne laisser aucune chance à son rival et arracher l'une des victoires les plus significatives de sa carrière.

Federer sur le central

Niemeyer retrouvera maintenant son ami Roger Federer.

«Ce sera difficile, évidemment, c'est le meilleur joueur de tous les temps, a avoué Frédéric. Je devrai bien maîtriser mes services, prendre des risques et rester concentré. Si je sers bien, ça va aider ma cause.

«J'espère aussi que je pourrai trouver mes repères sur le grand court central, en soirée, sous les projecteurs. Je suis plus à l'aise le jour. C'est la raison pour laquelle j'avais demandé à jouer mon premier match en après-midi sur le court Banque Nationale.»

Une stratégie spéciale pour vaincre le champion suisse?

«Je me souviens avoir joué deux semaines après la naissance de ma fille et je n'avais pas beaucoup dormi les jours précédents, s'est rappelé Niemeyer. Roger vient d'avoir deux filles; peut-être ne sera-t-il pas au meilleur de sa forme...»

Chose certaine, le vétéran de l'équipe canadienne de Coupe Davis veut apprécier ce qui pourrait être son dernier match à Montréal.

«Je suis plus détendu depuis l'annonce officielle de ma prochaine retraite, a-t-il admis. Je ressens beaucoup moins de pression et je veux savourer tous les matchs qui me restent à jouer.»