Le soccer est ainsi fait. Alors que le stade Saputo n'avait plus goûté aux joies du but depuis le 4 juin dernier, les 10 581 spectateurs en ont vu 2 en l'espace de 90 secondes lors du match nul de 1 à 1 entre l'Impact et les Strikers de Fort Lauderdale, mercredi soir.

Mis à jour le 14 juill. 2011
Pascal Milano LA PRESSE

Muet depuis 468 minutes - ce qui égale un record d'équipe -, l'Impact a mis fin à cette longue disette par l'intermédiaire d'Hassoun Camara. Sur un corner redirigé vers le but par Nevio Pizzolitto à la 53e minute, le défenseur n'a eu qu'à pousser le ballon dans les filets. Pas très spectaculaire, mais diablement libérateur.

«C'est une délivrance sur le coup parce qu'on pensait qu'on avait fait le plus dur», a indiqué le polyvalent Français.

La joie a été de courte durée. Pendant tout le match, le rapide latéral gauche floridien, Lance Laing, a pu monter dans son couloir sans être dérangé. Une nouvelle fois décalé sur le côté gauche 90 secondes après l'ouverture du score, c'est lui qui a remis les deux équipes sur un pied d'égalité. Déconcentrés, les Montréalais? Les opinions divergent au sein de la défense montréalaise.

«On a eu un manque de concentration après le but et on l'a payé "cash". Il y a toujours ce flottement lorsqu'on inscrit un but», a analysé Camara.

«On était conscients de ce qui se passait, croit plutôt Nevio Pizzolitto. Simon (Gatti) et moi avons eu un manque de communication et j'ai perdu le ballon à cause de la lumière. C'est une bonne équipe de contre-attaque.»

Sans être d'un grand niveau technique, la suite du match a été marquée par une multitude d'occasions franches, surtout du côté des Strikers. Dans une action similaire à l'égalisation, Laing a ainsi heurté la barre transversale à la 56e minute.

Les deux gardiens, Matt Glaeser et Evan Bush, ont été les hommes les plus occupés de la dernière demi-heure en se livrant un concours de beaux arrêts. Si la victime du gardien visiteur a été Eduardo Sebrango (59e), le Montréalais a, lui, bien stoppé Brian Shriver (68e) et réalisé un dernier arrêt réflexe à la 89e minute.

Déception dans le camp de l'Impact

Si l'objectif de retrouver le chemin du but a été atteint, celui de remporter un premier match depuis le 4 juin doit être remis à plus tard. Le résultat de mercredi est plutôt équitable, selon le capitaine et l'entraîneur-chef montréalais.

«Le résultat est juste, a souligné Pizzolitto. Peut-être que l'on aurait pu finir avec trois points, mais en même temps, Bush a fait de bons arrêts.»

«Je suis déçu de notre deuxième demie, a tranché Nick De Santis en montrant du doigt la condition physique de son groupe. Ils nous comptent un but et, encore une fois, on a baissé les bras. Ils ont été la meilleure équipe.»

De Santis a préféré la performance des siens en première période, malgré la difficulté à réaliser une bonne dernière passe.

«Je pense que l'on avait un bon rythme et une bonne intensité durant les 35 premières minutes du match. Est-ce que l'on pouvait être un peu plus efficaces dans leur camp? Oui. Nous n'avons eu que deux ou trois bonnes occasions.»

Il fait là référence à la frappe imprécise de Mignane Diouf dès la troisième minute. La conclusion a été la même six minutes plus tard avec Antonio Ribeiro pour tirer un coup franc et Anthony Le Gall à la déviation.

Les Strikers sont réellement entrés dans le match après le premier quart d'heure en servant un double avertissement à l'Impact.

Seul dans la surface montréalaise, Abraham Thompson a d'abord raté le but de quelques centimètres sur un centre en retrait de Lance Laing. Son comparse, Shriver, légèrement excentré sur la gauche, s'est montré plus précis à la 25e minute, mais a vu Bush remporter son duel. Un geste annonciateur de la deuxième mi-temps...