Les fans du Canadien ne le digéreront pas facilement, mais ils doivent se rendre à l'évidence: les Bruins de Boston sont les nouveaux champions de la Coupe Stanley.

Mis à jour le 16 juin 2011
Marc Antoine Godin LA PRESSE

En arrachant aux Canucks de Vancouver une victoire de 4-0, mercredi soir, les Bruins ont profité de leur toute première expérience d'un septième match en finale pour mettre fin à une disette de 39 ans.

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«Je suis désolé, Canada, mais je dois choisir la Coupe Stanley», a admis Patrice Bergeron, qui savourait ce triomphe encore plus que celui célébré au Rogers Arena il y a un an, lors des Jeux olympiques.

«Une médaille d'or veut dire beaucoup, mais gagner la Coupe est un rêve d'enfance. On rêve de la soulever et j'ai cette chance-là ce soir», a ajouté le héros de la soirée avec deux buts.

Les Bruins avaient soulevé la Coupe en 1972, quelques semaines avant que n'éclate le scandale du Watergate. Mais il n'y aura pas scandale cette fois-ci; les Bruins ne l'ont pas volé!

Affichant plus de constance et d'énergie que leurs adversaires, les Bruins sont devenus la première équipe dans l'histoire de la LNH à remporter la Coupe en ayant disputé trois septièmes matchs au cours des mêmes séries.

Leur domination de 23-8 sur les Canucks au chapitre des buts marqués ne peut pas non plus être ignorée.

«Je vais me souvenir de ce que je viens de vivre pour le reste de ma vie,a confié Zdeno Chara. Nous savions que Vancouver formait une équipe de talent. Il fallait trouver le moyen de le ralentir. Nous y sommes arrivés en jouant de façon physique, mais aussi en s'imposant comme équipe devant eux.»



Bergeron et Marchand au travail

Le quatrième trio des Bruins a le donné le ton en première avec une présence énergique qui a inspiré le trio de Patrice Bergeron.

Blotti au milieu de la défense des Canucks, le Québécois a habilement redirigé une passe de Brad Marchand pour surprendre Roberto Luongo du côté droit. Les Canucks avaient remporté la mise en jeu en zone défensive, mais la vitesse et la pression exercée par Marchand a semblé désorganiser la couverture défensive des Canucks.

L'équipe qui avait marqué le premier but dans les six premiers matchs avait toujours remporté la victoire, et le premier but en dix matchs de Bergeron allait confirmer la tendance.



Photo: Reuters

Patrice Bergeron a enfilé son deuxième but de la rencontre, en fin de deuxième période, en désavantage numérique.

Recchi exaucé

Après avoir touché le poteau en début de deuxième, Marchand est revenu à la charge à 12:13 de la deuxième. La recrue des Bruins a profité d'un retour de lancer de Dennis Seidenberg pour faire une boucle derrière le filet qui a battu Luongo de vitesse.

Une passe est allée sur ce jeu à Mark Recchi, qui a terminé au sommet du classement des marqueurs des Bruins pour la finale!

«C'est un feeling dur à décrire, mais c'est pour ce feeling-là que j'avais décidé de revenir pour une année de plus, a raconté le vétéran de 43 ans. Je ne saurais trop remercier l'organisation des Bruins d'avoir suffisamment cru en moi pour me ramener.

«Mais c'est la fin maintenant, j'ai ma place au soleil.»

En fin de deuxième, Bergeron a mis le match hors de portée des Canucks avec un but marqué en échappée en infériorité numérique. Luongo croyait qu'une pénalité allait être décernée à son coéquipier Christian Erhroff aux dépens de Bergeron et il a simplement cessé de jouer la rondelle. Erreur. Voilà un but qui donnera des munitions à ses détracteurs...

Marchand a complété la marque dans un filet désert.



Photo: Reuters

Âgé de 43 ans et à sa dernière saison dans la LNH, Mark Recchi a bu du champagne dans la Coupe Stanley pour la troisième fois en trois décennies.

Déception chez les Canucks

Certains hommes se paient une voiture sport pour fêter leurs 40 ans. Les Canucks, eux, voulaient s'offrir la Coupe Stanley.

Au lieu de cela, leur défaite d'hier réveille le souvenir de 1994 alors qu'ils s'étaient là aussi inclinés en finale lors d'un septième match.

Que pourront-ils conserver de ce triste dénouement?

«Nous sommes champions de l'Association Ouest... le trophée du Président... nous sommes passés à un match de la Coupe Stanley», a répondu Ryan Kesler, les yeux pleins d'eau.

«C'est dur à avaler. C'est émotif. C'est difficile.»

Même en dominant 37-21 au chapitre des lancers, jeudi, les Canucks - l'équipe qui avait marqué le plus de buts en saison régulière - ont conclu cette finale en marquant seulement huit buts en sept parties.

Une partie du mérite revient bien sûr à Tim Thomas qui, sans surprise, s'est vu décerner le trophée Conn Smythe remis au joueur par excellence des séries.

«C'est un grand honneur, a reconnu Thomas. Mais demandez à n'importe quel gardien, tu ne peux rien faire sans une équipe devant toi. C'est la meilleure équipe pour laquelle j'aie joué.»

Photo: PC

Sans surprise, le gardien Tim Thomas a remporté le trophée Conn Smythe, remis au joueur par excellence des séries éliminatoires.