La conclusion de l'étrange feuilleton des Coyotes de Phoenix devrait être connue d'ici les deux prochaines semaines. C'est du moins l'opinion du joueur de centre Éric Bélanger, des Coyotes.

Mis à jour le 8 mars 2011
Richard Labbé LA PRESSE

Bélanger et ses coéquipiers ont rencontré l'homme d'affaires Matthew Hulsizer lors d'un souper à Chicago le 26 février. Hulsizer en a profité pour rappeler aux joueurs et à la direction du club qu'il entend toujours acheter les Coyotes et garder le club dans la région de Phoenix.

«D'ici deux semaines, on devrait savoir où on s'en va dans cette histoire, a indiqué Bélanger, hier, en entrevue téléphonique avec La Presse. On espère que ça va marcher avec Hulsizer. C'est un gars qui adore le hockey, il a déjà joué au niveau collégial. En tant que joueur, c'est toujours plaisant d'avoir un propriétaire comme ça.»

Hulsizer tente de mettre la main sur les Coyotes depuis plusieurs mois déjà. Au cours de la réunion des gouverneurs de la LNH début décembre, en Floride, le commissaire Gary Bettman avait laissé entendre que la transaction allait pouvoir être conclue avant le 31 décembre.

Mais trois mois plus tard, Hulsizer attend toujours.

«Lors du souper à Chicago, sa femme nous a dit que le club devait jouer du bon hockey, et qu'ils allaient se charger du reste, a ajouté Éric Bélanger. C'est vraiment la position du groupe Goldwater qui bloque la transaction.»

Le groupe Goldwater, qui défend les intérêts des contribuables locaux dans ce récit complexe, est présentement engagé dans un bras de fer avec la Ville de Glendale - où se trouve l'aréna Jobing.com des Coyotes - dans le dossier du financement du projet.

La Ville de Glendale tente d'écouler pour 100 millions de dollars en obligations municipales afin de financer une partie de l'entente avec Hulsizer. Mais Goldwater s'oppose au scénario des obligations municipales et menace de traîner la Ville de Glendale devant les tribunaux, jugeant qu'il s'agit d'une forme illégale de financement. De son côté, la Ville de Glendale menace de poursuivre à son tour Goldwater, qu'elle accuse d'obstruction.

Pendant ce temps, les rumeurs d'un déménagement à Winnipeg se font de plus en plus persistantes. Les Coyotes et leur aréna auraient essuyé des pertes de 40 millions de dollars cette saison, ce qui ferait maintenant grimper le prix de vente de l'équipe à 210 millions.

Selon Éric Bélanger, les problèmes des Coyotes hors de la patinoire ne nuisent pas à l'équipe sur la glace. «On en parle un peu plus dernièrement, mais ce n'est pas une distraction pour nous. Nous avons un travail à faire.»

Cette situation pour le moins précaire a toutefois une incidence sur le bon fonctionnement du club; la direction de l'équipe n'a toujours pas négocié de nouveau contrat avec ses joueurs qui pourraient devenir des joueurs autonomes en juillet.

«Je pense qu'il y a une dizaine de gars qui sont sans contrat pour la saison prochaine, a relaté Bélanger. C'est aussi mon cas, mais je ne peux pas négocier parce qu'on n'a pas de propriétaire. (Le DG) Don Maloney m'avait dit de signer un contrat d'une saison avec l'équipe, qu'on allait se parler ensuite, mais on est au mois de mars, et il n'y a rien de réglé. C'est un peu décevant, mais j'adore ça ici, et j'aimerais rester.»

Selon Bélanger, les joueurs des Coyotes ne souhaitent pas quitter la région de Phoenix... encore moins si c'est pour aller à Winnipeg.

«Entre Phoenix et Winnipeg, le choix n'est pas difficile à faire, a-t-il répondu. C'est sûr que la météo y est pour beaucoup. On veut vraiment rester ici... Je sais qu'il y a beaucoup de fans de hockey à Winnipeg, mais nous, on aime ça ici en Arizona et les fans sont de plus en plus nombreux à nos matchs. J'ai dit Winnipeg, mais j'aurais pu dire Kansas City ou n'importe quelle autre ville également. Peu importe les rumeurs, on ne veut pas partir.»