La LNH adoptera les dégagements hybrides dès la saison prochaine. Les courses pour obtenir ou annuler un dégagement refusé ne se décideront donc plus selon l'identité du joueur qui touche en premier la rondelle dégagée illégalement.

François Gagnon LA PRESSE

Lorsqu'un défenseur traversera en premier ou sur un pied d'égalité avec un adversaire une ligne imaginaire créée par ces points de mise en jeu, les juges de ligne siffleront aussitôt un arrêt de jeu. Si c'est l'attaquant qui mène la course, le dégagement sera alors accepté et le jeu suivra son cours.

«Les joueurs s'exposent à des blessures sérieuses lorsqu'ils étendent les bras pour rejoindre la rondelle. Ils se retrouvent alors en déséquilibre et vulnérable au moindre impact. C'est un risque qui ne vaut pas la peine d'être couru. Ce règlement assure le maintien des courses entre les joueurs. On élimine seulement les risques des blessures. C'est une très bonne chose», a commenté le directeur général du Canadien, Pierre Gauthier.

Le comité de compétition qui regroupe cinq joueurs dont le défenseur Chris Campoli du Canadien, cinq directeurs généraux, Colin Campbell pour la LNH et Mathieu Schneider pour l'Association des joueurs devra entériner ce changement. Il sera ensuite soumis aux gouverneurs qui officialiseront le nouveau règlement lors de leur réunion prévue en finale de la Coupe Stanley.

Vice-président aux opérations hockey de la LNH, Colin Campbell ne croit pas que l'Association des joueurs s'opposera à ce changement comme elle l'a fait dans le dossier de la refonte des divisions plus tôt cette année: «La sécurité des joueurs est une préoccupation qui devrait échapper aux luttes de pouvoir qui se joue en marge des négociations de la prochaine convention collective.»

Les dégagements hybrides seront le seul changement adopté cette année. Les directeurs généraux ont balayé du revers de la main le retour de la ligne rouge, l'instauration d'une prolongation à trois contre trois avant d'aller en fusillade, l'abolition de la zone interdite où les gardiens ne peuvent contrôler la rondelle avec leurs bâtons et aussi l'imposition d'une pénalité dans le cas des passes effectuées avec la main en zone défensive.

«On a déjà un règlement qui interdit de fermer la main sur la rondelle. Nous n'avons qu'à l'appliquer avec plus de diligence», a ajouté Colin Campbell.

Les directeurs généraux ne se sont pas penchés non plus sur la possibilité de revoir la distribution des points selon que les victoires soient acquises en temps régulier ou en temps supplémentaire.

S'ils ont fermé la porte au retour de la ligne rouge, les directeurs généraux demanderont à la Ligue américaine d'implanter la «ligne de la ringuette». Située à une dizaine de pieds à l'intérieure de la ligne bleue, cette ligne devrait être atteinte avant que les défenseurs n'aient le droit d'effectuer des passes de l'autre côté de la ligne centrale.

«L'abolition de la ligne rouge permet à trop de défenseurs de se débarrasser de la rondelle par les baies vitrées ou de tenter des bombes d'un bout à l'autre de la patinoire. J'aurais voulu la ramener, car la ligne rouge récompense le talent. Son abolition a toutefois créé beaucoup de vitesse et c'est un aspect qu'on ne veut pas perdre. L'adoption de la ligne de la ringuette représente un compromis qui vaut la peine d'être essayé dans la Ligue américaine. Après, on verra. Si on l'adopte, il faudra d'abord lui trouver un autre nom...», a commenté Brian Burke, des Maple Leafs de Toronto.