Carey Price n'avait que 14 ans lorsqu'il a fait la rencontre de l'agent Gerry Johannson. Ce dernier s'est d'abord présenté à ses parents et, par sa personnalité engageante, a convaincu le père du jeune gardien de lui faire confiance, alors même qu'une agence de Los Angeles cherchait aussi à attirer Price dans ses filets.

Mis à jour le 19 sept. 2011
Marc Antoine Godin LA PRESSE

«Mon père avait fait ses devoirs et honnêtement, un jeune de 15 ans ne peut pas faire tout seul un choix éclairé, constate aujourd'hui Price.

«Pendant trois étés, Gerry m'a invité à Edmonton, où son agence est établie, pour me faire rencontrer un entraîneur personnel et m'allouer des heures de glace. Je n'avais jamais vécu cela auparavant et ça a fait une énorme différence.»

Price soupçonne que l'implication de l'agent s'estompe à mesure que le joueur vieillit. Mais il affirme en toute connaissance de cause que la présence de son ami Gerry a été déterminante dans sa jeune carrière.

«Un jeune qui débarque du junior et qui arrive chez les pros a besoin de certaines leçons de vie. Par exemple, on ne sait pas ce que c'est que de s'acheter une maison, de s'occuper d'une hypothèque. Les agents sont très utiles pour ces choses-là aussi...»

Les rats d'aréna

On le voit, les agents n'attendent pas que les joueurs atteignent la LNH pour leur offrir leurs services. Mais dans tous les arénas de hockey mineur au pays, leur présence se mêle à celle d'agents en herbe qui tournent autour des jeunes hockeyeurs comme des vautours. «Ce sont des rats d'aréna, des gars qui ne manquent pas un match bantam ou midget et qui, à force de suivre les jeunes pas à pas, finissent par être des sources de distraction pour eux», déplore Pat Brisson.

«Ils tentent de rafler le plus de jeunes joueurs possible en espérant gagner le gros lot avec l'un d'eux, ajoute David Ettedgui. Nous ne croyons pas à ce genre de pratique.

«Je pourrais faire miroiter la LNH à 200 jeunes et là-dessus, 150 décideraient de me suivre. Mais qu'est-ce que je ferais à jouer avec leur rêve comme ça? C'est pour cette raison-là que les quelques-uns que l'on recrute sont ceux qui, à notre avis, ont le bagage nécessaire pour aller jusqu'au bout de leur rêve.»

Certaines agences comme The Sports Corporation ont leurs propres recruteurs afin de débusquer les meilleurs talents dans le mineur.

Creative Artists Agency, pour sa part, se fie sur une quinzaine d'agents administratifs qui, en plus de garder l'oeil ouvert sur de jeunes espoirs, font un suivi auprès des jeunes qui sont déjà chapeautés par l'écurie CAA.