La Presse vous présente aujourd'hui la deuxième partie de son dossier sur les agents d'athlètes professionnels, pour qui les choses bougent de plus en plus vite!

Mis à jour le 19 sept. 2011
Marc Antoine Godin LA PRESSE

Lorsque Sidney Crosby a été victime d'une commotion cérébrale, au mois de janvier, Pat Brisson a immédiatement été mis au courant. Le match des Penguins de Pittsburgh contre le Lightning de Tampa Bay n'était pas encore terminé, Crosby essayait encore de demeurer dans le match, et Brisson avait déjà été avisé que quelque chose n'allait pas avec son poulain.

À ses yeux, l'information est le nerf de la guerre dans le monde des agents d'athlètes.

«Il y a 10 ou 15 ans, si l'un de mes joueurs faisait un tour du chapeau, je l'apprenais dans les journaux le lendemain, sinon le surlendemain, et je me disais: tiens, je vais l'appeler.

«Aujourd'hui, si mon client joue 12 minutes au lieu de 18 et que je ne le sais pas immédiatement, je suis déjà en retard. On doit être plogué constamment, quand ça va bien comme quand ça va mal.

«Car le joueur doit savoir qu'on sait ce qui se passe avec sa carrière.»

Don Meehan, lui, en a vu de toutes les couleurs depuis qu'il est devenu agent de joueurs en 1981. Aujourd'hui, la rapidité des communications le prend parfois de court.

«Ce qui a le plus changé dans notre métier, c'est cette instantanéité de l'information que l'on est en mesure de transmettre à nos clients, qu'il s'agisse de contrats, de budgets, etc.

«Les choses bougent tellement vite que je vois de moins en moins comment un agent peut bien représenter un joueur en travaillant seul. Ça prend vraiment un personnel de soutien pour y arriver.

La machine Newport

Très rares sont les agents qui travaillent à leur compte. La plupart du temps, ils unissent leurs forces dans des firmes semblables à des cabinets d'avocats.

Si toutes les agences visent à représenter leurs clients au meilleur de leurs compétences, chacune opère selon un style de gestion qui lui est propre.

«La nôtre se différencie ne serait-ce qu'en raison de la quantité de joueurs que nous représentons et de la quantité d'employés qui travaillent pour nous», explique Don Meehan, qui est président de Newport Sports Management, une agence qui compte environ 155 joueurs ayant joué au moins un match dans la LNH la saison dernière.

Chez Newport, six agents possèdent une certification de la ligue, mais Meehan est clairement au sommet de la pyramide.

L'approche collégiale de Sports Corporation

Dans d'autres boîtes, identifier le patron est moins évident. The Sports Corporation (TSC), par exemple, évolue dans un esprit de collégialité plutôt que de cultiver une hiérarchie.

«Il y a des agences où des individus représentent des joueurs et s'adonnent à travailler sous le même toit. Ce n'est pas notre approche, affirme Gerry Johannson. Nous faisons davantage du travail en équipe. On se fait confiance les uns les autres et l'on travaille vers le même but.»

Le Québécois David Ettedgui est l'un des partenaires de Johannson chez Sports Corporation et développe le marché québécois au bénéfice de TSC.

«Si l'on prend l'exemple de Carey Price, il est clair que Gerry est son agent, souligne Ettedgui. Mais Carey sait que s'il a besoin de quelque chose, je suis sur place pour lui venir en aide.

«L'inverse est aussi vrai avec Alex Tanguay, qui évolue à Calgary mais dont je suis le représentant principal.»

Il n'y a donc pas de patron véritable chez TSC, même si Ritch Winter est souvent considéré comme l'agent prédominant de la boîte.

«Je le dis sans vouloir faire le fin finaud, mais ce sont les joueurs nos patrons», lance Gerry Johansson.