Ça n'aura pas l'ampleur du grand ménage de 2009, mais la brigade défensive du Canadien risque quand même de faire peau cet été.

Publié le 28 avr. 2011
Marc Antoine Godin LA PRESSE

Les possibilités sont nombreuses pour le DG Pierre Gauthier, qui a sous la main neuf défenseurs à la recherche d'un contrat, dont six deviendront joueurs autonomes sans compensation le 1er juillet.

«Il nous faut prendre du recul, bien analyser la situation et se faire un plan avant de passer à l'action», a résumé Gauthier qui, fidèle à ses habitudes, s'est gardé de dévoiler la moindre de ses intentions.

La perte d'Andrei Markov et Josh Gorges en cours de saison a chamboulé le puzzle de Gauthier, qui a dû mettre la main sur des solutions temporaires ayant pour nom James Wisniewski, Brent Sopel et Paul Mara.

«Nous ne paierons plus 11 défenseurs comme cette année, ce n'est pas quelque chose qui fonctionne dans le contexte du plafond salarial», a blagué Gauthier.

L'heure des choix

Il faudra donc faire des choix.

P.K. Subban s'est imposé comme un général à la ligne bleue en fin de saison, mais l'équipe aura beau jeu d'offrir un contrat à un défenseur offensif d'expérience.

En vertu de l'argent dont il dispose, Gauthier pourrait devoir choisir entre Markov et Wisniewski, à moins qu'il ne tâte le marché auprès d'un Christian Ehrhoff ou d'un Joni Pitkanen.

Le cas de Markov est particulièrement intrigant.

«La durabilité d'un joueur fait toujours partie de son évaluation, même si c'est un plus gros enjeu lorsque le joueur a 39 ans que lorsqu'il en a 31 ou 32», a noté Gauthier.

Markov, 32 ans, se remet bien de sa deuxième opération au genou en un an et la direction de l'équipe veut s'assurer d'avoir toutes les données en main avant de lui soumettre une offre de contrat.

«Nous allons examiner toutes nos options. Markov est avec nous depuis le début de sa carrière, c'est un joueur solide que plusieurs équipes voudraient avoir. On verra ce qu'on peut faire.»

«Évidemment qu'on aimerait le garder», a-t-il plus tard ajouté.

La loyauté ne suffira pas

Un dilemme semblable se pose chez les défenseurs défensifs. Le CH risque de devoir trancher entre Roman Hamrlik et Hal Gill.

«Cela fait quatre ans que je suis ici et, comme je l'a dit souvent, à l'âge où je suis rendu, je ne me vois plus déménager», a insisté Hamrlik.

Hamrlik a réitéré qu'il était prêt à accepter une diminution de salaire afin de conserver son poste avec le Canadien.

Or, sans viser le vétéran défenseur, Gauthier a observé que parfois, des décisions difficiles étaient prises aux dépens de facteurs comme la loyauté.

«L'occasion est belle de restructurer la défense à notre goût, a constaté le DG. Créer un bon mélange est un facteur important, encore plus que de rassembler un groupe d'individus.»

Si Hamrlik a un éventail d'habiletés que Gill n'a peut-être pas, le leadership de ce dernier le garde en très haute estime dans le vestiaire.

«Il y a beaucoup de travail à faire à la ligne bleue et plusieurs défenseurs à mettre sous contrat, mais quoi qu'il arrive, nous avons besoin que Hal revienne», a insisté Josh Gorges.

«J'aimerais continuer de jouer... jusqu'à ce qu'ils me mettent à la porte! a pour sa part répondu Gill, qui a trouvé une place plus prépondérante avec le Canadien qu'avec ses formations précédentes.

«J'ai déjà joué à Toronto où j'avais été hué, et je savais, en m'amenant à Montréal, que je m'exposais à un risque semblable, a raconté Gill. Mais au contraire, ça a été rafraîchissant de venir ici parce que tout le monde a eu l'air de comprendre mon rôle.

«C'est toujours bon signe quand la foule applaudit parce que tu as bien harponné la rondelle. Nos fans comprennent le hockey.»



Spacek veut se racheter

Les chances de revoir Sopel et Mara sont excessivement minces. Quant à Alexandre Picard, qui est joueur autonome avec compensation, sa seule chance de rester avec le Canadien serait d'accepter un nouveau contrat à deux volets. Son statut est encore flou à l'heure actuelle.

En revanche, on peut s'attendre à ce que Gorges et Yannick Weber, eux aussi agents libres avec compensation, signent de nouvelles ententes et comblent l'automne prochain deux postes réguliers.

Reste Jaroslav Spacek, qui écoulera une dernière année de contrat à 3,83 millions. À 37 ans, son salaire n'est plus le reflet de sa contribution. Ou du moins, il ne l'a pas été cette saison.

«Je ne sais pas si mon rôle va changer l'an prochain, ça dépendra du type de joueurs qui s'amène. Mais chose certaine, j'aimerais apporter davantage que ce que j'ai apporté cette année, a confié Spacek. Je suis déçu de ma saison et je veux corriger certaines choses durant l'été.»

Photo: André Pichette, La Presse

Jaroslav Spacek