Lorsqu'on a demandé à Scott Gomez de commenter l'apport de David Desharnais sur son trio lors du cinquième match, le vétéran joueur de centre a secoué la tête.

Publié le 25 avr. 2011
Marc Antoine Godin LA PRESSE

Il y avait dans ce tout petit geste un mélange d'admiration pour ce qu'a accompli Desharnais et de dépit devant la perspective de le voir rater le match de demain soir.

«On ne peut faire autrement que d'aimer ce jeune-là, a répondu Gomez. Il a vraiment apporté une autre dimension à notre trio samedi. Ça donnait quelque chose de complètement différent.

«On verra ce qui se passe avec lui... Mais il est extraordinaire. Il travaille fort et il mérite tout ce qui lui arrive. »

Tout? Enfin, presque tout. Desharnais ne méritait certainement pas de se blesser et de laisser une formation déjà démunie en attaque hypothéquée d'un autre joueur!

«Si des joueurs doivent sauter leur tour, ce sera à d'autres de saisir leur chance», a rappelé Ryan White, un bon complice de Desharnais.

«Peu importe qui l'on a dans la formation, il faut aller se défoncer pour obtenir la victoire.

- Peu importe les joueurs, vraiment?

- Hey, s'il n'y avait jamais eu personne de blessé, je n'aurais jamais eu ma chance de jouer ici!

À quand le réveil?

C'est avec Desharnais à leur flanc que Gomez et Brian Gionta ont connu leurs meilleurs moments dans les quatre dernières rencontres. Pour le reste, leur trio - si dynamique dans le premier match - n'a pas été en mesure de soutenir le travail de celui de Tomas Plekanec, souvent confiné à des missions défensives.

Malgré tout, le centre de 31 ans ne croit pas que Brian Gionta et lui ont plus de pression que les autres pour livrer la marchandise.

«Nous sommes tous ici pour gagner, a rappelé Gomez. C'est sûr qu'en tant que vétérans, on s'attend à beaucoup de notre part. C'est comme ça. Les jeunes se tournent vers nous pour qu'on mène la parade. Mais je ne prends pas cela comme de la pression additionnelle.»

«C'est le moment le plus agréable de la saison.»

Gomez pourra-t-il aider l'équipe à ce que le moment se prolonge?

L'an dernier, dans les six matchs de séries au cours desquels le Tricolore a fait face à l'élimination, Gomez a marqué un but, ajouté six mentions d'aide et affiché un différentiel de +1.

L'entraîneur Jacques Martin regarde dans sa direction, certes, mais refuse de blâmer qui que ce soit. L'heure est à la solidarité.

«(Gomez et Gionta) ont eu des matchs où ils ont été plus efficaces que d'autres, mais nous sommes dans une situation où tout le monde doit élever son jeu d'un cran», a dit Martin.

Trois ans sans victoire

Carey Price, pour sa part, tentera d'inscrire une première victoire à domicile en séries éliminatoires depuis le 24 avril 2008. Le jeune gardien a subi le revers à ses sept dernières décisions.

«C'est une statistique dont on ne doit pas tenir compte, a plaidé son ami P.K. Subban. Il a été notre meilleur joueur chaque soir et lors des deux matchs de séries qu'on a joués au Centre Bell, nous avions la chance de remporter la partie. C'était serré et ça aurait pu aller d'un côté comme de l'autre.

«La victoire qu'il lui faut, on va aller la chercher demain.»