Le Canadien croyait pouvoir sortir de Boca Raton avec plusieurs alliés concernant la guerre aux coups à la tête, mais jusqu'ici, les alliés du club montréalais dans cette cause sont plutôt rares.

Mis à jour le 16 mars 2011
Richard Labbé LA PRESSE

De tous les directeurs généraux présents aux rencontres de Boca Raton, cette semaine en Floride, seul Ray Shero, des Penguins de Pittsburgh, s'est rangé publiquement derrière Pierre Gauthier, en militant pour l'abolition pure et simple des coups à la tête.

Mais c'est tout.

«Je ne suis pas en faveur d'une telle mesure, a répondu Steve Tambellini, le DG des Oilers d'Edmonton, au sortir de la réunion d'hier. Personne ne veut voir un joueur blessé sur la glace, mais il faut encore discuter pour en arriver à un plan plus précis.»

Steve Yzerman, le DG du Lightning de Tampa Bay, ne croit pas lui non plus à un nouveau règlement pour bannir les coups à la tête. «Il y a des mises en échec légales, avec l'épaule, qui deviennent des coups à la tête, a-t-il fait valoir. On ne peut pas empêcher ça. On vise plutôt à une clarification des règles concernant les pénalités pour avoir donné de la bande et pour assaut.»

C'est d'ailleurs ce qui est ressorti de la réunion d'hier: les DG de la ligue veulent revoir la notion d'assaut et repenser à la pénalité pour avoir donné de la bande afin que ces règles soient plus sévères dans un avenir rapproché.

Le commissaire Gary Bettman a également souhaité de plus longues suspensions concernant les coups illégaux à la tête. Selon Bettman, les récidivistes pourraient être jugés de manière plus sévère dès la saison prochaine.

Mais après deux jours de réunions sous les palmiers, le constat semble clair: bien peu de directeurs généraux sont d'accord avec la position du Canadien, qui souhaite en finir une fois pour toutes avec les coups à la tête.

«On veut éliminer tous les coups dangereux, pas juste les coups à la tête, a expliqué Pierre Gauthier. C'est sûr que chaque coup est différent, mais ce qui est arrivé à Max Pacioretty, on ne veut pas revoir ça.»

Selon Pierre Gauthier, il n'y a pas de guerre d'idées et de guerre des clans dans la salle de rencontre des directeurs généraux en Floride. Il affirme que tous les dirigeants du circuit travaillent avec un même but en tête.

«Je dirais qu'il y a un consensus très clair afin d'améliorer la situation. Ici, ce n'est pas un concours pour savoir qui a raison et qui a tort... Des coups comme celui de Chara, on espère qu'on n'en verra plus. Notre but, c'est de décourager les joueurs qui veulent donner un coup dangereux. Il y a des étapes à suivre pour ça, et c'est pourquoi on fait des recommandations cette semaine.»

Encore hier, Pierre Gauthier et Ray Shero ont été les seuls à s'afficher publiquement en faveur de l'élimination des coups à la tête. Le directeur général des Penguins de Pittsburgh, lui, s'est interrogé sur la pertinence d'apporter des modifications à la notion d'assaut.

«Tout de même, combien de pénalités pour assaut ont été décernées cette saison? a-t-il demandé. La réponse, c'est pas beaucoup. J'aimerais bien un règlement très clair qui éliminerait les coups à la tête, mais je ne sais pas s'il y a vraiment un désir pour une telle mesure dans cette salle.»

La réunion des directeurs généraux de la LNH doit se conclure ce midi. «On va sortir d'ici avec une liste de recommandations pour les gouverneurs, a ajouté Ray Shero. C'est d'ici que tout doit commencer.»