À moins d'un revirement de situation, Guy Carbonneau devra se contenter de regarder la prochaine saison de hockey à titre de spectateur.

Richard Labbé LA PRESSE

À deux mois de l'ouverture des camps d'entraînement dans la Ligue nationale de hockey, l'ancien entraîneur du Canadien n'a toujours pas reçu un seul coup de fil des équipes de la ligue. Carbonneau reconnaît qu'il commence à se faire tard pour lui.

«J'espérais quelque chose, mais il n'y a rien de neuf pour moi, a-t-il confié lors d'une entrevue téléphonique, hier. Il y a plusieurs entraîneurs dans ma situation, des gars qui n'ont pas de travail et qui attendent un appel eux aussi. C'est malheureux, mais je n'ai toujours pas reçu cet appel.»

Carbonneau, qui a encore un an de contrat à écouler avec le Canadien, commence à croire que l'âge est de plus en plus un facteur déterminant dans la profession.

«J'ai 50 ans. Ce que je remarque, c'est que bien des équipes préfèrent donner du travail à des gars qui arrivent de la Ligue américaine de hockey... C'est la réalité du marché. Après avoir congédié Michel Therrien, les Penguins ont gagné la Coupe Stanley avec Dan Bylsma la saison suivante, un gars qui dirigeait auparavant leur club dans la LAH. J'imagine que toutes les équipes se disent qu'elles peuvent faire pareil. J'ai vraiment l'impression qu'il y a une tendance de ce côté.»

L'ancien joueur du CH peine à comprendre pourquoi le téléphone ne sonne pas. Il rappelle qu'avant son congédiement surprise chez le Canadien, en mars 2009, il avait mené l'équipe à des résultats étonnants. Sous sa gouverne, le Canadien avait en effet surpris le monde du hockey, avec une saison inespérée de 104 points en 2007-08, et une première place dans l'Association de l'Est. En séries, le Canadien de Carbonneau avait ensuite disparu au terme du deuxième tour, devant les Flyers de Philadelphie.

C'est après cette saison magique que Carbo avait été finaliste au trophée Jack-Adams, remis annuellement au meilleur entraîneur de la ligue.

Moins d'un an plus tard, il était congédié.

«Tout le monde sait ce que j'ai fait, a-t-il ajouté. S'il y a de l'intérêt, c'est facile de savoir où me trouver. Mais avec septembre qui approche, je vois qu'il y a moins d'espoir, il n'y a plus de postes à combler. C'est sûr que c'est décevant. Je pense avoir fait mes preuves et je m'attendais à recevoir une offre.»

En attendant, Guy Carbonneau contemple un possible retour devant les caméras de la CBC, lui qui y a travaillé à titre d'analyste lors de la dernière saison. Il a d'ailleurs déjà eu des discussions à ce sujet avec les dirigeants du réseau canadien. «Ce serait plus facile cette fois-ci, parce que je connais de moins en moins de joueurs du Canadien; ceux qui étaient là avec moi sont presque tous partis», explique-t-il.

Mais il n'en démord pas: c'est derrière un banc de la LNH qu'il aimerait se retrouver la saison prochaine.

«Je veux continuer à faire le travail d'entraîneur, c'est certain. La saison dernière, j'en ai profité pour faire autre chose, de la télé, partir en voyage. J'ai fait des choses que je n'avais pas pu faire depuis l'âge de 16 ans. Mais cette saison, c'est sûr que j'aimerais mieux retourner derrière un banc que de rester à la maison.»