Tomas Plekanec n'a pas fait les manchettes à Montréal lorsque le Canadien l'a réclamé en troisième ronde du repêchage de la LNH le 24 juin 2001.

Mathias Brunet LA PRESSE

Le premier choix de l'équipe, le défenseur Mike Komisarek, repêché au septième rang, l'autre choix de première ronde, l'attaquant Alexander Perezhogin, 25e, et même le choix de deuxième ronde Duncan Milroy, un redoutable marqueur dans la Ligue junior de l'Ouest, ont monopolisé l'attention ce jour-là.

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Plekanec avait obtenu une phrase, parfois un paragraphe, dans les différents médias. «Je l'ai vu jouer en Russie et il a du talent», avait commenté celui qui l'a repêché, le DG de l'époque, André Savard.

Neuf ans plus tard, à un jour près, Komisarek, qu'on voyait comme un possible capitaine à Montréal, est rendu à Toronto. Perezhogin est vite rentré en Russie et Milroy n'a jamais percé. Plekanec, lui, est plus riche d'un contrat de 30 millions pour six ans, assorti d'une clause de non-échange.

«En début de carrière, tu regardes les gros contrats accordés à certains joueurs et tu en rêves, mais tu n'y penses pas trop, a dit Plekanec mardi en conférence téléphonique de son domicile de Kladno, en République tchèque. J'ai toujours pris ma carrière une étape à la fois.»

Plekanec n'était pas l'espoir le plus en vue de l'organisation. Il y avait Komisarek et Perezhogin, mais aussi le premier choix l'année suivante, Chris Higgins, qui a connu un début de carrière fort prometteur.

Bob Gainey a même offert à l'époque aux Rangers de choisir un jeune joueur des Bulldogs de Hamilton parmi Plekanec, Marcel Hossa, Ron Hainsey et Josef Balej en retour d'Alex Kovalev. Les Blue Shirts ont opté pour Balej.

Le Tchèque a monté les échelons de façon effacée, mais efficace. Il s'est révélé il y a trois ans avec une saison de 69 points aux côtés de Kovalev et d'Andrei Kostitsyn. Après un hiver plus difficile, seulement 39 points, il a rebondi la saison dernière avec 70 points, un sommet chez le Canadien. Admissible à l'autonomie complète à compter du 1er juillet, à seulement 27 ans, il aurait pu devenir l'un des joueurs autonomes les plus convoités sur le marché.

«J'ai travaillé fort à Hamilton (en début de carrière) pour être reconnu par le Canadien. J'ai gravi les échelons au fil de mes huit années dans l'organisation. Tout ce que j'ai accompli jusqu'à maintenant, je le mérite pleinement. Je suis heureux de m'être battu pour obtenir ce que j'ai obtenu et de rester pour six autres années.»

Plekanec dit ne jamais vraiment avoir songé à explorer le marché. «Ce que j'ai toujours répété était vrai, je voulais rester à Montréal. Je ne pensais pas trop au 1er juillet. Ma priorité était de négocier avec le Canadien. J'étais confiant que j'allais rester d'après les conversations que j'ai eues avec le directeur général (Pierre Gauthier) avant de quitter pour l'Europe après la saison.»

Pourquoi un tel attachement envers le Canadien ? «J'aime la ville et jouer devant les fans à Montréal. Ça peut sembler un cliché, mais c'est tellement vrai, c'est spécial de jouer ici. Demandez à n'importe quel joueur de la Ligue. Il vous le dira, que ce soit pour le Canadien ou contre l'équipe. Il y a aussi la présence de l'entraîneur et le système de jeu. C'est un facteur important. J'ai eu la chance de jouer beaucoup pour Jacques Martin et je sens sa confiance. Je veux désormais assumer plus de leadership tout en apportant ce que j'ai donné jusqu'à maintenant. Je suis un joueur complet, on me demande de jouer autant en défense qu'à l'attaque, et c'est la même chose en séries éliminatoires, je vais aider l'équipe à gagner, pas seulement compter des buts.»

Cet attaquant est fier d'avoir pu relancer sa carrière après une année difficile l'an dernier. «Je devais être plus fort psychologiquement. J'avais des choses à prouver. Après (ma saison de 69 points), tout le monde pensait que Kovy était la principale raison de nos succès avec Andrei (Kostitsyn). C'était vrai, mais je voulais montrer qu'on pouvait le faire sans lui, et ça a bien fonctionné avec Cammy (Michael Cammalleri).»

Plekanec a été diplomate quand on lui a demandé de commenter l'échange du gardien slovaque Jaroslav Halak, qui était un ami. «C'est une question d'affaires. On ne savait pas quel gardien allait rester. La direction a décidé que Jaro allait partir et je suis convaincu que Carey est prêt à assumer le poste de numéro un et nous sommes tous heureux pour lui.»