Pierre Gauthier a procédé à un ménage au sein du personnel du recrutement du Canadien. Cinq dépisteurs amateur et un dépisteur professionnel se sont fait indiquer la porte de sortie.

Mis à jour le 1er juin 2010
Marc Antoine Godin LA PRESSE

Qui sont-ils?

Dave Mayville, un bras droit de Trevor Timmins pour l'Amérique du Nord, était l'un des trois dépisteurs «crosscheckers» du Tricolore qui voient tous les joueurs au cours d'une saison. Mayville est le recruteur que l'on lie souvent à la sélection de P.K. Subban en deuxième ronde du repêchage de 2007.

Nikolai Vakourov, lui, a fait de son mieux pour dénicher du talent en Russie, mais la difficulté du CH à amener ou à garder ses jeunes joueurs russes ne l'a pas aidé.

Antonin Routa, pour sa part, ratissait l'Europe depuis l'époque de Réjean Houle. Il est associé à la sélection d'Andrei Markov, en 1998.

L'ancien arbitre Denis Morel avait été embauché par Bob Gainey en 2006, mais aura eu un impact limité dans les sélections québécoises.

Pelle Eklund, lui, pourrait avoir été blanchi en trois séances de repêchage si le Canadien ne réclame aucun Suédois à la fois du mois de juin.

Quant à Gordie Roberts, qui voyageait à travers la LNH, Gauthier était son supérieur depuis de nombreuses années. On doit se souvenir que pendant le règne de Gainey, Gauthier supervisait aussi le recrutement professionnel.

Restructuration, nouvelle philosophie...

Chez le Canadien, on explique cette décision par le fait que les contrats de ces recruteurs étaient arrivés à terme.

«Pierre Gauthier a choisi de procéder à une restructuration des services de recrutement», a fait savoir Donald Beauchamp, vice-président aux communications.

Gauthier pourrait expliquer davantage sa décision cette semaine à Brossard dans le cadre du camp de perfectionnement du Canadien.

«Il m'a dit qu'il était satisfait de mon travail, mais qu'il voulait mettre de l'avant une nouvelle philosophie», a expliqué Denis Morel au Nouvelliste.

Plusieurs autres personnes affectées par cette décision ont préféré ne pas faire de commentaires.

Ce remue-ménage, auquel Gauthier a semble-t-il procédé il y a quelques jours, coïncide avec la fin du «Combine», cette réunion des principaux espoirs en vue du repêchage qui permet aux équipes une dernière évaluation physique et psychologique.

Les recruteurs avaient donc remis tous leurs classements et leurs rapports à leurs supérieurs.

Timmins s'en tire... pour l'instant

Les liens qui unissent Gauthier à Trevor Timmins, le directeur du recrutement et du développement des joueurs, sont bien connus. Les deux hommes ont déjà travaillé ensemble avec les Sénateurs d'Ottawa.

Depuis l'arrivée de Timmins à Montréal, en 2002-2003, les joueurs que le Canadien a repêchés totalisent 2216 matchs dans la LNH, ce qui place aisément le Tricolore parmi les équipes de tête en termes d'accession au circuit Bettman.

Par contre, combien de ces joueurs ont eu un impact majeur sur l'avancement de l'équipe?

En cette ère de plafond salarial, où le pipeline ne doit jamais cesser d'alimenter les organisations en joueurs de talent jeunes et peu coûteux, le bilan est pour le moins mitigé.

Nous ne le saurons vraiment qu'après le repêchage des 25 et 26 juin, mais Timmins semble s'être mis à l'abri d'un renvoi. Gauthier ne peut être complètement satisfait pour avoir montré la porte à six des 15 recruteurs formellement identifiés à son équipe.

La réduction des coûts

Il reste à savoir quels sont les véritables motifs de cette restructuration.

S'il s'agit bel et bien d'un désaveu envers l'équipe de recrutement, il pourrait y avoir d'autres congédiements.

«Ça prend des gens jusqu'au 25 juin pour le repêchage, mais après, on ne sait pas ce qui va arriver», a d'ailleurs indiqué au Nouvelliste Michel Boucher, désormais le seul dépisteur du CH responsable du Québec.

«J'ai vécu la même chose à Los Angeles. Ce n'est pas une pratique inhabituelle dans la LNH. Personnellement, je me trouve chanceux de me rendre jusqu'au repêchage...» Mais la «nouvelle philosophie» de Pierre Gauthier pourrait également avoir été dictée par une volonté de réduire les coûts d'opération.

Si les recruteurs remerciés ne sont pas remplacés, par exemple, nous aurons un bon indice de la tangente prise par l'administration.

«Le recrutement par vidéo va devenir plus prédominant dans la LNH», anticipait d'ailleurs un dépisteur du Tricolore ayant requis l'anonymat.

«Mais à mon sens, tu as quand même besoin d'être à l'aréna pour voir les performances sur l'ensemble de la patinoire...»