Le cliché veut que les séries soient une autre saison. C'est particulièrement vrai dans le cas de Maxim Lapierre!

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Non seulement a-t-il déculotté le défenseur Alex Goligoski, lundi, avant de marquer l'un des plus beaux du Tricolore durant les présentes séries, mais son implication dans toutes les facettes du jeu en fait un joueur transformé par rapport à la saison régulière.

«Même s'il a passé des moments difficiles cette saison, on voit qu'il a le hockey à coeur, a souligné Jacques Martin. Et c'est toujours bien de voir un joueur avoir le hockey à coeur parce que c'est un sentiment à partir duquel on peut bâtir.

«En tant que francophone, ça signifie beaucoup pour lui de jouer pour le Canadien.»

Selon Martin, sans nécessairement revoir ses attentes à la baisse - il avait quand même marqué 15 buts l'an dernier... - Lapierre a quand même réalisé qu'il avait d'autres façons d'aider l'équipe.

«Il y a eu beaucoup d'adaptation pour moi cette année: nouveaux joueurs, nouvel entraîneur, je suis passé du centre à l'aile..., a rappelé Lapierre.

«Et il y a des choses qui ont affecté ma confiance. Je me posais entre autres des questions à savoir pourquoi on ne m'utilisait plus en désavantage numérique. Mais maintenant, j'ai accepté mon rôle et j'essaie d'être le meilleur que je puisse être dans ce rôle-là.»

Martin affirme en outre que Lapierre a gagné le respect de ses coéquipiers par sa façon de jouer et qu'il avait fait de grands pas en ce sens-là.

«Je travaille fort dans les entraînements et à l'extérieur de la glace, et les gars le voient, assure Lapierre. Mais ils comprennent aussi que les saisons ne vont pas tout le temps comme on veut.

«Mais maintenant, je sens que j'ai retrouvé le niveau où j'étais l'an passé. Je me sens bien sur la patinoire et plusieurs de mes coéquipiers se sentent comme ça aussi. Ça tombe à point pour un septième match.»

Grand parleur

Lapierre continue de se distinguer au niveau du verbiage. Autant il irrite arbitres et adversaires par son jacassage incessant, autant il est encouragé par le fait que cela porte fruits en ce moment.

Qu'on se rappelle: «Je vous donnerai les secrets après les séries, pour l'instant j'aime mieux ne pas en parler», a lancé Lapierre lorsqu'on a évoqué ses grimaces à la barbe de Brooks Orpik dans le sixième match.

«C'est mon but de les faire penser à autre chose qu'à leur match. Lorsque ça fonctionne, c'est sûr que je continue. Ça marche pour moi, en tout cas, ça me tient éveillé, ça me tient dans le match.

«Mais ce sont des choses que l'on ne peut pas faire en saison régulière parce qu'on affronte des gars au mois d'octobre et on les revoit seulement en janvier. Ils ne s'en rappellent pas. Quand tu affrontes la même équipe sept fois de suite, c'est sûr que c'est fatigant. Ce sont toujours les mêmes faces qui reviennent.»

Frustration chez les Penguins

Lapierre a contribué à installer une certaine frustration chez les Penguins. Une frustration qui s'est entre autres manifestée en fin de match lorsque Sidney Crosby s'est retrouvé au centre d'une mêlée après avoir donné un double-échec à Tomas Plekanec.

«C'est un gars intense qui laisse tout ce qu'il a sur la patinoire, juge Lapierre. C'est une réaction normale.»

«Il s'agit à continuer de faire ce que l'on fait, car en relâchant la pression un instant, tu leur donnes la chance de retrouver tous leurs moyens», a ajouté Brian Gionta.

Est-ce qu'il y a un effet d'accumulation au niveau de la frustration? En d'autres mots, le Tricolore peut-il revoir les Penguins dans l'humeur où il les a laissés?

«Je crois que c'est un travail à recommencer tous les soirs, et à plus forte raison lors d'un septième match, a répondu Travis Moen.

«Tout le monde va chercher à mettre de côté ce qui s'est passé dans les six matchs précédents et se concentrer sur cette seule partie.»