Les moments de réjouissance sont rares chez les Sénateurs d'Ottawa depuis quelques semaines. Même que depuis la reprise des activités après la pause olympique, tout ce qui peut mal aller va mal autour de la troupe du capitaine Daniel Alfredsson.

Mis à jour le 22 mars 2010
François Gagnon LA PRESSE

«Quand on s'est mis à gagner avant les JO, les petits bonds nous favorisaient. Là, les bonds, les petits comme les gros, ne nous favorisent pas et ça commence à peser lourd. On a besoin d'une victoire pour changer le cours des choses. Et avec 10 matchs à faire, on a le temps de se replacer et d'amorcer les séries de façon positive», assurait le Suédois après l'entraînement de son équipe ce matin au Centre Bell.

Le capitaine et premier marqueur de son équipe souhaitait que son équipe soit plus active en échec-avant afin de provoquer des revirements de la part de l'adversaire.

«Nous sommes trop passifs depuis quelques matchs. Comme si on avait peur de commettre des erreurs. On doit améliorer tous les aspects de notre jeu, mais si on pouvait forcer nos adversaires à effectuer des erreurs et à en profiter pour marquer, ce serait un premier pas en avant. Et les autres petits bonds pourraient suivre.»

Le premier petit bond favorable qu'Alfredsson espérait tant afin de freiner la guigne qui s'acharne depuis deux semaines s'est peut-être produit dimanche alors que les Sénateurs ne jouaient même pas.

Qu'est-ce qui est arrivé dimanche? Les Flyers de Philadelphie ont perdu 3-1 contre Atlanta. Ce faisant, ils ont bousillé le match qu'ils avaient en mains sur Ottawa et Montréal. Et comme les Sénateurs ont une victoire de plus en saison, ils ont hérité de la cinquième place.

Une cinquième place précaire, car les Sénateurs, comme le Canadien et les Flyers, ont tous 79 points. Mais une cinquième place quand même...

Si les Sénateurs espéraient profiter de l'escale à Montréal pour retrouver le chemin de la victoire et amorcer une séquence heureuse, leur gardien Pascal Leclaire ne pouvait en faire autant.

Bon! À titre de membre des Sénateurs le gardien montréalais espérait une victoire des siens.

Bien sûr.

Mais parce qu'il sera laissé de côté à la faveur de Brian Elliott, Leclaire n'aura pas la chance de profiter d'un duel contre le Canadien pour retrouver ses réflexes, son aplomb et sa confiance. Trois qualités qui font défaut depuis qu'il est revenu au jeu.

«Je ne te cacherai pas que j'aurais vraiment aimé jouer ici ce soir. C'est mon endroit favori et c'est toujours spécial de jouer contre Montréal», assurait Leclaire qui a fait du temps supplémentaire ce matin.

À sa première visite cette saison, Leclaire a battu le Canadien 3-1.

À son avant-dernière visite, alors qu'il défendait les couleurs des Blue Jackets de Columbus, Leclaire s'était même permis un jeu blanc de 3-0 aux dépens du Tricolore.

En quatre matchs contre Montréal en carrière, Leclaire présente un dossier de trois gains et un revers. Il affiche une moyenne de 1,5 but alloué par rencontre et un taux d'efficacité brillant de 94,9%

Des statistiques qui ternissent davantage ses performances depuis le début de la saison alors que Leclaire s'est contenté de 11 victoires (11-13-2) et qu'il affiche une moyenne ronflante de 3,18 buts accordés par partie et une efficacité bien fragile de 88,7%.

Blessé à deux reprises, cette saison, Leclaire admet vivre sa campagne la plus frustrante depuis qu'il est dans la LNH.

«J'ai eu plus que ma part d'ennuis en carrière avec les blessures. Mais c'est année, c'est plus frustrant encore parce que ce n'est pas le corps qui m'a lâché. Ce sont des vraies bad luck qui me sont tombées dessus. J'ai essuyé une rondelle sur la gueule alors que j'étais assis au banc des joueurs. Lorsque je suis revenu au jeu, j'en ai reçu une sur la caboche et j'ai subi une commotion cérébrale. J'avais bien amorcé l'année, mais depuis ces blessures, je n'ai jamais été capable de retrouver ma forme», expliquait le gardien québécois.

Plus encore que la forme, Leclaire semble avoir perdu la confiance de son entraîneur-chef Cory Clouston qui l'a sorti du filet deux fois à ses quatre derniers départs et un total de six fois depuis le début de la saison.

«Tu ne comprends pas toujours pourquoi un coach te sort d'un match. Mais la route tourne vite et heureusement, je suis le genre de gars qui oublie vite. J'aime mieux regarder en avant que derrière. Mais c'est vrai que la corde est courte par les temps qui courent», a convenu celui qui devait régler les ennuis des Sénateurs entre les poteaux lorsqu'ils ont échangé Antoine Vermette à Columbus pour obtenir ses services.

«Je suis un gars qui est habitué de jouer sur une base régulière. Normalement, j'aurais obtenu des matchs pour retrouver mon synchronisme. Mais l'équipe s'est mise à gagner et Brian a obtenu tous les départs. Quand ma chance est arrivée, je n'ai pas été en mesure de gagner. Mais j'ai eu quatre départs depuis que j'ai été blessé à la mi-janvier. Ce n'est pas évident», a ajouté Leclaire sans jamais pointer son entraîneur-chef du doigt.

«Vous me connaissez plus que ça. Je suis un gars positif. Malgré nos récents insuccès, l'atmosphère est très bonne au sein de l'équipe. Les gars s'encouragent. Ils s'appuient. On va s'en sortir en équipe et mes déceptions personnelles passent bien après les succès de l'équipe.»