Georges Laraque ne portera plus jamais l'uniforme du Canadien de Montréal. Il a été mis à la porte du vestiaire, jeudi matin, par le directeur général Bob Gainey.

Mis à jour le 21 janv. 2010
François Gagnon LA PRESSE

«Georges ne produisait pas suffisamment et il était une distraction pour notre équipe. Nous sommes prêts à continuer sans lui. Je suis prêt à n'avoir que 22 joueurs disponibles plutôt que de l'avoir avec nous», a indiqué Bob Gainey jeudi midi.

Entraîneur-chef du Tricolore, Jacques Martin en a rajouté : «Nos chances de gagner sont meilleures sans lui», a-t-il affirmé lors de son point de presse quotidien.

La décision de chasser Laraque était murie depuis quelque temps déjà. Gainey avait d'ailleurs l'intention de lui annoncer la semaine dernière.

Mais la tragédie qui a secoué Haïti et ses conséquences pour Laraque, un petit fils de ce pays des Antilles, ont poussé le directeur général à retarder l'annonce.

Ce report a permis à Laraque de marquer son premier et seul but dans l'uniforme du Canadien dans une victoire de 5-3 aux dépens des Stars de Dallas.

En 28 matchs cette saison, Laraque s'est contenté d'un but, de deux passes, d'un tir au but, de 21 mises en échec et d'un différentiel de -6.

Chassé par deux défenseurs

Si le statut de Laraque avec le Canadien était précaire depuis un bon moment. On a compris qu'il ne tenait plus qu'à un fil lors du match de mercredi lorsque le défenseur Ryan O'Byrne a rejoint Marc-André Bergeron sur les flancs d'un quatrième trio piloté par Glen Metropolit.

«J'ai décidé de faire appel à des joueurs qui avaient l'intention de compétitionner», a tranché Jacques Martin.

Pointé du doigt par Laraque qui a indiqué ne jamais avoir senti profiter de la confiance de son entraineur qui de toute façon n'appréciait pas le jeu rude, Jacques Martin a esquivé les questions.

«Ça fait 23 ans que je dirige dans la Ligue nationale et je n'ai pas l'intention de me lancer dans une guerre de mots avec Georges. Tout ce que je peux dire c'est qu'il n'aidait pas l'équipe à gagner des matchs. Nous voulons de la vitesse, nous voulons de la robustesse et nous avons décidé, en tant qu'organisation, d'aller de l'avant sans lui», a insisté l'entraîneur-chef du Canadien.

Bob Gainey s'est assuré d'appuyer son entraineur-chef sur cette question. «Je n'ai jamais été témoin de performances offertes par Georges qui m'ont permis de prendre sa défense dans les discussions que nous avons eues et qui ont conduit à son renvoi.»

Code du bagarreur

Le directeur général du Canadien s'est ensuite fait cinglant lorsqu'il a été question du code de conduite que Laraque s'imposait quand venait le temps de jeter les gants.

«Le seul code qui importe est celui de l'équipe. Et ce code stipule que tu dois être en mesure d'aider ton équipe et de tes coéquipiers», a poursuivi Gainey qui assume l'entière responsabilité des contrecoups de l'embauche de Laraque et de son renvoi.

«Je croyais vraiment qu'il serait en mesure d'aider notre équipe au chapitre de la robustesse. Ça n'a pas fonctionné. Cela constitue donc un échec dont je suis responsable», a conclu le patron du Canadien.

Georges Laraque ne peut être envoyé dans les mineures en raison d'une clause de non-mouvement que le Canadien lui a accordée lors de son embauche.

Le directeur général du Canadien a indiqué avoir eu des discussions avec quelques équipes concernant son homme fort.

Sans plus.

Pour l'instant, Laraque restera donc à la maison et empochera le reste du 1,5 million $ prévu à son contrat cette saison.

Comme le stipule la convention collective, le Canadien pourra racheter la dernière année de son contrat l'été prochain, aux 2/3 de sa valeur (1 million $). Ce montant sera comptabilisé sur la masse salariale de l'équipe.

Le Canadien pourrait toutefois scinder ce million en deux portions de 500 000 $ qui seraient incluses à la masse salariale pour les deux prochaines années.

En 61 matchs avec le Canadien, Laraque aura marqué un but et ajouté quatre passes.

En 695 matchs en carrière, il affiche 53 buts et 153 points.