Geoff Molson partageait les clefs du Centre Bell avec George Gillett depuis septembre. Ce matin, il peut changer les serrures.

Mis à jour le 2 déc. 2009
François Gagnon LA PRESSE

Après de longues semaines de vérifications, la LNH a officialisé, hier, la transaction conclue entre l'ancien propriétaire américain, les trois héritiers de la riche famille montréalaise et le groupe de partenaires québécois et canadiens qui les entoure.

À voir le sourire de Geoff Molson, qui se réveille ce matin à titre de nouveau gouverneur, président du conseil d'administration et chef de la direction du club de hockey, du Centre Bell et du Groupe Spectacles Gillett, il est clair que la famille Molson est heureuse d'avoir repris sa place dans l'histoire du Canadien.

La Brasserie Molson, alors propriétaire du Canadien, a vendu l'équipe à George Gillett en janvier 2001. Elle était toutefois restée associée à l'homme d'affaires américain.

«Cela fait 50 ans que notre famille est associée au Canadien. Cette équipe a toujours occupé notre esprit. Elle a toujours été dans notre sang et nous avons toujours voulu en redevenir les propriétaires. C'est maintenant officiel et nous sommes très, très, très contents», a déclaré Geoff Molson.

Porte-étendard du groupe qui s'est porté acquéreur du Canadien, Geoff Molson n'a pas voulu dévoiler le prix de la transaction. Une rumeur qui a soufflé sur le Centre Bell en fin d'après-midi hier faisait gonfler la facture à plus de 600 millions.

«C'est une transaction privée, mais je peux vous assurer que le prix d'achat est inférieur à 600 millions», a assuré M. Molson, qui s'occupera des affaires courantes au nom de ses frères Andrew et Justin.

L'estimation de 575 millions semblait faire l'unanimité auprès des personnes consultées.

Outre les trois frères Molson, on retrouve au sein du groupe d'investisseurs maintenant propriétaires du Canadien la Compagnie Woodbridge, BCE/Bell, le Fonds de solidarité de la FTQ, Michael Andlauer, Luc Bertrand et Banque Nationale Groupe financier.

La Banque Nationale s'est jointe au groupe comme partenaire, en plus d'assumer la direction du syndicat bancaire qui comprend le Mouvement Desjardins et la Banque Scotia. Investissement Québec participe aussi au financement.

Sur les traces de Gillett

Geoff Molson, qui prendra possession de son bureau au septième étage du Centre Bell, ce matin, assure que les partisans ne seront pas secoués par des changements radicaux ou des hausses de prix.

«J'ai une longue liste de choses à faire, mais nous avons à la tête de l'équipe deux grands chefs en Pierre Boivin et Bob Gainey. J'ai déjà indiqué la grande confiance que je leur voue et notre groupe a aussi l'intention de respecter le travail que George Gillett a accompli durant neuf années à titre de propriétaire de l'équipe. Nous allons continuer dans la même veine», a assuré M. Molson.

Cela veut dire que le prix des billets et ceux de la bière et de la nourriture offertes dans les concessions ne devraient pas augmenter. Du moins, pas pour l'instant. «Le prix des billets fait l'objet d'une évaluation chaque année, mais nous sommes fiers de rappeler que nous proposons aux partisans québécois 5000 billets à moins de 33$ à tous les matchs», a souligné M. Molson.

Équipe gagnante

L'homme d'affaires a assuré que lui, ses frères et leurs partenaires étaient convaincus d'avoir payé un juste prix pour mettre la main sur le Canadien et sur tous les produits dérivés qui génèrent des millions en revenus, et a convenu que les succès de l'équipe étaient le principal baromètre de la valeur de la franchise.

«Le Canadien est une religion, au Québec, et nos partisans peuvent être assurés que nous ferons le nécessaire pour avoir une bonne équipe. Je suis un passionné du Canadien et je prendrai certainement part aux discussions. Mais j'ai entièrement confiance en Bob Gainey. Nous sommes convaincus qu'il a fait un travail remarquable pour rebâtir cette équipe», a ajouté M. Molson, qui s'est bien gardé de s'avancer sur la quête d'un joueur-vedette francophone pour prendre la relève des Béliveau, Lafleur et Roy.

«Le plus important est d'avoir une équipe gagnante. Nous avons démontré la profondeur de notre organisation au cours des dernières semaines et nous avons déjà des joueurs-vedettes au sein de notre équipe.»

Comme il l'avait fait en septembre, Geoffrey Molson est revenu sur le dossier du retrait du chandail d'Émile Butch Bouchard.

«J'ai reçu beaucoup de courriels et je les ai tous lus. Il est clair que ce dossier préoccupe beaucoup les partisans de notre équipe. J'aurais aimé que la transaction se conclue plus rapidement. Dès mon entrée en fonction, je m'attaquerai à différents dossiers, dont celui-là.»