L'attaquant biélorusse n'a que sept buts de plus que le Québécois en carrière, mais joue la plupart du temps au sein des meilleurs trios. À quand une vraie chance pour Latendresse?

Mis à jour le 2 nov. 2009
François Gagnon LA PRESSE

Confiné au troisième, voire au quatrième trio depuis le début de la saison, limité à 7:40 de jeu lors du match de vendredi à Chicago, Guillaume Latendresse a obtenu une chance de rebondir samedi.

Une chance dont il a su profiter.

Hissé au sein du deuxième trio piloté par Tomas Plekanec et complété par Maxim Lapierre, Latendresse a marqué son deuxième but de la saison. Un but qui a stoppé à 10 sa triste série de matchs sans le moindre point.

«Guillaume est costaud et fort. Il a de bonnes mains. Je lui ai dit d'aller installer son gros derrière devant le but et d'être prêt à sauter sur la rondelle. Il l'a fait», a lancé Tomas Plekanec.

Deux buts en 14 matchs, c'est peu.

Mais c'est quand même un de plus qu'Andrei Kostitsyn, que Jacques Martin a confiné au quatrième trio samedi dans la victoire de 5-4 du Canadien en tirs de barrage aux dépens de Mike Komisarek et des Maple Leafs de Toronto.

Et contrairement à Latendresse, Kostitsyn profite d'une utilisation plus généreuse, et surtout de bien meilleure qualité.

Et pas seulement cette année.

Depuis leur arrivée à Montréal, Latendresse et Kostitsyn se battent pour un rôle similaire avec le Canadien.

Si on a montré beaucoup de patience à l'endroit du Biélorusse, on ne peut en dire autant du Québécois. Pourtant, Kostitsyn, qui a joué avec Plekanec et Alex Kovalev pendant une saison, qui est presque toujours au sein des deux premiers trios et qui profite d'une majorité d'attaques massives, totalise 53 buts en 200 matchs dans la LNH.

Latendresse? Son but de samedi était son 48e en 223 parties.

Le Québécois n'a donc marqué que cinq buts de moins que son coéquipier en dépit d'une utilisation beaucoup plus timide.

La gifle de l'an dernier

Mal à l'aise devant cette statistique, Latendresse a simplement indiqué vouloir obtenir une vraie chance, et surtout éviter la gifle qu'il a essuyée l'an dernier.

«J'aimerais beaucoup jouer avec Tomas. Mais j'aimerais que l'expérience se prolonge plus longtemps qu'un match ou deux.»

Et la gifle?

Latendresse s'offre une pause avant de lancer: «C'est le plus dur coup que j'ai encaissé depuis que je suis à Montréal. On m'a donné la chance de jouer avec Saku (Koivu) et Alex (Kovalev). Mais ça n'a pas duré. Après deux matchs, on a redonné la place à Chris Higgins. J'ai trouvé ça bien difficile, parce que c'est moins évident de produire au sein du trio défensif qu'avec des gars comme Saku et Alex», expliquait Latendresse dans un vestiaire du Canadien replongé dans le calme après la victoire de samedi.

Quelle est la part de responsabilité de Latendresse dans tout ça?

«Je suis bien conscient que je dois en donner toujours plus et que mon manque de constance m'a toujours nui. Je ne peux me permettre ça, mais j'aimerais avoir plus qu'un match ou deux avec Tomas et être employé en attaque massive pour prouver ce que je peux faire. J'ai raté des tas d'occasions cette année. Trop. Mais je sais que je peux contribuer à l'attaque. Je dois profiter de toutes les chances qu'on me donne. Mais j'aimerais avoir la chance de jouer sans me dire que je serai rétrogradé à la première occasion.»

Guillaume Latendresse a été sélectionné au 45e rang au repêchage de 2005.

Repêché deux ans plus tôt, Kostitsyn a été sélectionné au dixième rang de la première ronde. Le Canadien l'a préféré aux Jeff Carter, Dustin Brown, Brent Seabrook, Zach Parisé, Ryan Getzlaf, Mike Richards et Corey Perry, pour ne nommer que ceux-là...