Frappé en plein front par son renvoi dans les mineures, dimanche, Sergei Kostitsyn devrait rejoindre les Bulldogs de Hamilton en soirée mardi. À moins qu'il ne décide de faire faux bond au Canadien et de rentrer en Russie pour joindre les rangs de la KHL.

François Gagnon LA PRESSE

«Nous avons eu une bonne conversation et je lui ai conseillé d'honorer son contrat et de se rendre à Hamilton. Il a bien sûr été secoué par cette décision, mais Sergei devrait y être demain conformément aux directives de Bob Gainey. Quant à la possibilité qu'il rentre en Russie, je n'ai pas perçu cette hypothèse comme faisant partie des plans immédiats», a indiqué l'agent Don Meehan lors d'un entretien avec La Presse lundi midi.

«Il était temps de passer à l'action», a simplement indiqué Jacques Martin lorsqu'on lui a demandé de commenter la décision de sévir à l'endroit du jeune attaquant.

«Nous avons des objectifs à atteindre et avons présenté notre plan pour les atteindre. Sergei doit travailler sur différents aspects de son jeu et de sa personnalité pour nous prouver qu'il est en mesure de nous aider à atteindre nos objectifs», a ajouté l'entraîneur-chef en guise d'explications.

Croit-il qu'un autre séjour dans les mineures sera bénéfique et qu'il transformera son jeune joueur au talent indéniable, mais dont l'ardeur et l'application au travail laissent à désirer?

«Le temps nous indiquera son niveau de compréhension, a répliqué Martin.

«On navigue avec différents niveaux de maturité au sein d'une équipe. Sergei, comme tous les autres joueurs, doit comprendre ce qu'on attend de lui. Et ce n'est pas parce qu'il a pris la direction de Hamilton au lieu de nous accompagner ici qu'il ne reviendra pas avec nous en cours de saison.»

Pointé du doigt

Le renvoi du plus jeune des frères K a eu l'effet escompté au sein du vestiaire. Il a été remarqué.

«Personne ici ne peut mettre en doute le talent de ce joueur, mais dans son cas c'est l'éthique de travail qui fait défaut», a candidement reconnu Tomas Plekanec.

Plus loquace qu'Andrei Kostitsyn qui a refusé de commenter le sort réservé à son frère, Josh Gorges comprend que ce geste de la direction se veut un rappel à l'ordre pour tous.

«Le plus gros message que je perçois dans cette décision est que les places assurées sont très rares et que personne ne peut se permettre de soirées de congé ou de sombrer dans la paresse lors des entrainements», a souligné le jeune défenseur.

«Je ne sais pas si la direction a voulu se servir de Sergei pour faire peur aux autres. C'est malheureux pour lui, mais regarde autour de l'équipe. Nous sommes sept défenseurs à effectuer des rotations à l'entraînement et personne ne peut dire lequel sera laissé de côté jeudi à Toronto. Sans oublier que des gars à Hamilton n'attendent qu'une occasion pour prendre nos postes. C'est la même chose à l'attaque. La direction considère qu'elle peut se passer du talent de Sergei. Elle pourra donc se passer de bien d'autres gars s'ils ne jouent pas avec sérieux et donnent à l'équipe tout ce qu'elle attend d'eux. Je considère que c'est le message le plus important à tirer de cette décision. C'est bien plus qu'une simple mesure punitive à mes yeux. C'est une grosse mise en garde servie à tout le monde.»

Choix de 6e ronde du Canadien (200e sélection) en 2005, Sergei Kostitsyn a disputé 56 matchs avec le Canadien l'an dernier (8 buts, 23 points) et 16 à Hamilton (5 buts, 13 points).

La saison précédente, il avait encore fait la navette entre Hamilton et Montréal disputant 52 rencontres avec le Tricolore (9 buts, 27 points) et 22 avec les Bulldogs (6 buts, 22 points).