Six buts et 11 points en 10 matchs, une inscription sur le bulletin de vote du match des Étoiles, et les honneurs de la Coupe Molson pour le mois d'octobre.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Les débuts d'Alex Tanguay avec le Canadien n'auraient pu être meilleurs!

L'athlète originaire de Sainte-Justine ne sera jamais une bête médiatique, mais il semble bien que l'environnement de Montréal va lui convenir.

Pourquoi? Parce que, sur la patinoire, il peut chaque soir faire parler un talent qui s'était perdu avec les Flames de Calgary.

«C'est toujours bon de démarrer la saison du bon pied, mais le plus important pour moi, c'était de m'assurer que j'allais trouver ma place au sein de l'équipe», a-t-il expliqué.

Trouver sa place. C'est ce que Tanguay n'a jamais été en mesure de faire à Calgary. On sent très bien que l'ailier droit est sorti meurtri de son aventure avec les Flames. Sa carrière - jusque-là prolifique avec l'Avalanche du Colorado - a pris un virage inattendu lorsqu'il a été échangé lors du repêchage de juin 2006. Optant pour la sécurité financière, Tanguay a signé un contrat de trois ans avec les Flames avant d'avoir joué un match avec eux.

«Avec l'argent qui m'était versé, je savais que je serais celui vers qui l'on se tourne. Et à ma première saison, j'ai récolté 81 points en 81 matchs, a-t-il dit. Mais l'an dernier, je n'ai pas joué comme j'aurais pu. Je m'attendais à évoluer davantage en supériorité numérique, mais je n'ai peut-être pas été aussi fort mentalement que j'aurais pu l'être. Quand les choses commencent mal et que tout se met à débouler, c'est plus difficile...»

Ses différends avec Mike Keenan l'ont incité à demander une transaction dès la période des Fêtes. «Je voyais la façon dont les choses allaient et j'avais indiqué aux Flames que ce serait mieux que l'on prenne des chemins différents, a-t-il reconnu. Ma femme et moi étions prêts à déménager, mais on ne savait pas encore qu'on viendrait à Montréal...»

Ironiquement, c'est une fois de plus à l'occasion du repêchage que Tanguay a changé d'adresse.

S'il s'ajuste encore à sa nouvelle formation, il constate aussi que ce sont de gros changements pour sa famille.

«On est beaucoup plus occupés qu'on ne l'était avant! Beaucoup plus de gens veulent nous rendre visite étant donné qu'on est proches. Heureusement, notre petite fille aura six mois la semaine prochaine et ses grands-parents auront plus la chance de la voir grandir.»

Ce vent de l'Est qui souffle...

Chez le Tricolore, Tanguay retrouve une formation qui ressemble plus à celle qu'il avait connue au Colorado, avec un fardeau offensif réparti sur plusieurs joueurs.

«Mais tu as quand même la pression de bien jouer», a précisé Tanguay.

Or, la pression se gère mieux lorsqu'on travaille avec un coach qui vous laisse l'espace pour vous exprimer ! Après avoir joué pour des entraîneurs durs comme Keenan, Bob Hartley et Joel Quenneville, Tanguay est heureux de se retrouver sous les ordres de Guy Carbonneau.

«Avec lui, c'est moins difficile de se préparer mentalement. Si tu fais tes affaires, il va te laisser tranquille, a-t-il indiqué. Son système de jeu est vraiment conçu à partir des joueurs qu'il a. On est une équipe qui patine et qui est bonne en possession de la rondelle, et la marge de manoeuvre qu'il nous laisse à l'attaque est bien appréciée.»

Tanguay constate non seulement que le style du Canadien lui convient, mais que son transfert dans l'Association de l'Est est survenu au bon moment.

«Au début de ma carrière, tout le monde disait que ça patinait plus dans l'Ouest et que le jeu dans l'Est était plus serré. Mais aujourd'hui, c'est totalement le contraire, a expliqué l'attaquant québécois. Évidemment, ça dépend des équipes, mais je trouve qu'en général, celles de l'Est jouent un style plus ouvert, plus axé sur le patin. Dans l'Ouest, c'est plus hermétique et plus physique.»

Revivre le rêve

Tanguay aura 29 ans dans 15 jours et sa carrière est déjà riche de plusieurs expériences. Il a embrassé la Coupe Stanley dès sa deuxième saison dans la LNH, entouré des Roy, Sakic, Forsberg et Bourque.

«Ce que j'ai eu la chance de vivre en 2001, il n'y a rien qui s'approche de ça. Aujourd'hui encore, je rêve de revivre ces sensations-là. C'est ce qui me motive à aider mon équipe le plus possible.»

Sa participation au match des Étoiles de 2004 est l'autre moment qui l'a fait vibrer le plus. Moment qu'il pourrait revivre au Centre Bell en janvier prochain si le vote des amateurs lui est favorable.

Mais dans tout cela, il y a aussi un rendez-vous manqué, celui des Jeux olympiques. «J'avais été déçu, à l'époque, de ne pas être retenu pour les Jeux de Turin. Je m'attendais à y participer, surtout que j'avais eu deux bonnes saisons au Colorado avant que des blessures au genou ne me ralentissent.»

Maintenant, en vue de Vancouver, Tanguay croit que sa saison d'enfer chez les Flames l'a éloigné de son rêve.

«Je ne pense pas être dans les plans. J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de monde qui pense que je ne suis pas capable d'être là», a-t-il regretté.

Sauf qu'après 10 matchs cette saison, Tanguay est en voie de prouver le contraire...

 

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ALEX TANGUAY

Naissance : 21 novembre 1979 à Sainte-Justine

Taille : 6'1''

Poids : 189 livres

Repêchage : 1ère ronde par Colorado (12e au total) en 1998

Statistiques en carrière : 619 PJ, 183 B. 367 P, 550 Pts,

Acquisition : de Calgary avec un choix de 5e ronde (Maxim Trunev) en retour d'un choix de 1ère ronde (Greg Nemisz) et d'un choix de 2e ronde en 2009

Faits d'armes : Coupe Stanley en 2001 avec Colorado et match des Étoiles en 2004

Particularité : porte le numéro 13, ce qu'il n'avait pu faire à Colorado

et à Calgary