Encore une fois cette saison, le Rouge et Or de l'Université Laval trône au sommet du classement canadien du football universitaire. Seule formation invaincue cette saison, l'équipe n'a accordé que 39 points en cinq rencontres.

Michel Marois LA PRESSE

Les hommes de Glen Constantin sont au CEPSUM cet après-midi (13h) pour y affronter les Carabins de l'Université de Montréal, la seule équipe québécoise qui les a vaincus en saison régulière depuis 2004.

L'entraîneur-chef montréalais, Marc Santerre, ne tarit pas d'éloges sur ses rivaux. «Ils sont premiers au pays et ils le méritent, déclarait-il, cette semaine, en conférence de presse. Jusqu'ici cette saison, ils ont fait tout ce qu'il fallait pour remporter leurs matchs.

«Ils ont perdu leur coordonnateur en attaque, Justin Éthier, et leur quart-arrière Benoit Groulx, mais ils ne semblent pas s'en ennuyer. Le jeune quart Tristan Grenon présente le meilleur taux d'efficacité au Canada (66%) et ils ont aussi la quatrième meilleure attaque au sol au pays.

«Ils distribuent bien le ballon - aucun de leurs receveurs n'est parmi les meneurs - et tous les joueurs sont impliqués en attaque. En défense, ils sont aussi bien équilibrés, avec des joueurs très physiques et capables de réussir de gros jeux.

«C'est ça Laval. D'année en année, l'équipe ne change pratiquement pas malgré le roulement des joueurs. Le style est toujours le même et ils sont toujours au sommet.»

L'entraîneur-chef André Bolduc et le Vert et Or de Sherbrooke ont eu le redoutable privilège d'affronter Laval deux fois dans leurs quatre premiers matchs cette saison, subissant deux défaites malgré d'excellentes performances.

«C'est encore la référence au Québec, a reconnu Bolduc, en entrevue. La profondeur de l'équipe est impressionnante. Le succès attire les joueurs et ça paraît. Nous, au-delà des 45 réguliers, c'est difficile de trouver des remplaçants de qualité. Eux, ils ont trois ou quatre joueurs solides à toutes les positions.

«La stabilité de l'organisation y est aussi pour beaucoup. Glen (Constantin) est là depuis 14 ans, le coordonnateur défensif Marc Fortier aussi. Pepe Esposito (unités spéciales) a été un joueur vedette avant d'être entraîneur. Tout le monde essaie d'imiter cette organisation, mais ce n'est pas facile...»

Spécial

Pour les joueurs des autres équipes, affronter Laval est toujours spécial. Mark Deluca et Jean-Gardy Clermont, des vétérans de cinquième année avec les Carabins, ont disputé plus d'une dizaine de matchs contre le Rouge et Or.

«Je me souviens de chacun d'eux, a raconté Deluca, cette semaine. La rivalité est très forte et on attend toujours ces matchs avec beaucoup d'excitation. C'est une grosse équipe, qui est aussi forte cette année que la première fois que je l'ai affrontée, en 2006.»

Clermont a insisté aussi sur le respect qui lie les deux équipes. «C'est une grosse rivalité, c'est vrai, et il y a souvent des étincelles. Mais nous avons aussi plusieurs amis dans cette équipe, des gars qui sont là depuis plusieurs années aussi et qu'on a appris à respecter.»

Pour Leroy Blugh, l'entraîneur-chef des Gaiters de Bishop's, les succès du Rouge et Or ont un effet d'entraînement sur l'ensemble du football québécois. Avec trois équipes dans le top 7 national, deux autres aux portes du top 10, la conférence québécoise est l'une des plus solides au Canada.

«Quand je jouais à Bishop's, dans les années 1980, il n'y avait pas beaucoup de francophones qui pratiquaient le football, a rappelé l'ancien joueur étoile des Eskimos d'Edmonton. Aujourd'hui, ils sont très nombreux à tous les niveaux. Et la qualité des entraîneurs au niveau scolaire, dans les cégeps en particulier, est exceptionnelle.»

Les succès du Rouge et Or font souvent des jaloux, mais c'est bien de reconnaître qu'ils rejaillissent sur toutes les équipes québécoises.

Quelques notes

- Il s'agit du seul affrontement entre le Rouge et Or de Laval et les Carabins de l'UdeM cette saison.

- Les Carabins ont l'avantage de jouer à la maison. «C'est un atout important, a expliqué le capitaine Mark Deluca. Quand on sort du tunnel et qu'on entend la foule, un joueur de 180 livres en pèse soudainement 240, un gars de 280 en pèse 400!»

- Les Carabins avaient disposé du Rouge et Or, 28-7, l'an dernier au CEPSUM. L'équipe a remporté trois de ses 14 matchs contre les Québécois depuis 2004, alors que les quatre autres équipes de la conférence présentent une fiche cumulative de 0-44...