Le changement de radiodiffuseur auquel ont récemment procédé les Alouettes - de CKAC à NRJ - n'enchante pas tous les partisans de l'équipe. Certains ont déploré sur des forums de discussion que la description des matchs sera identique à celle que l'on retrouvera à la télévision (RDS). D'autres sont mécontents que cinq des 18 matchs réguliers de l'équipe ne seront pas radiodiffusés.

Mis à jour le 13 avr. 2010
Miguel Bujold LA PRESSE

NRJ doit satisfaire à un quota de contenu musical dans sa grille horaire de jour, ce qui empêche la diffusion de cinq matchs, explique Claude Rochon, responsable du marketing et des communications chez les Alouettes. «C'est une question de licence avec le CRTC. Il n'y aura donc pas une description détaillée de ces cinq matchs, mais on travaille sur une formule qui offrira une bonne solution de rechange. Il y aura une mise à jour instantanée dès que des points seront inscrits, même si c'est pendant une chanson», explique M. Rochon.

Les cinq matchs en question (11 et 19 septembre, 11 et 17 octobre, et 7 novembre) sont tous disputés la fin de semaine ou lors d'un congé férié.

«A priori, les gens regardent les matchs du week-end à la télévision. La majorité de notre auditoire à la radio est constitué de gens qui travaillent pendant les matchs. Il y a donc moins de gens qui écoutent ceux du week-end à la radio», précise M. Rochon.

À la description, on retrouvera, comme à RDS, Denis Casavant, Pierre Vercheval et David Arsenault. M. Rochon n'entrevoit aucun problème. «CKAC a utilisé la même formule pendant quelques années, et une seule personne nous a contactés pour se plaindre. Il s'agissait d'un non-voyant qui voulait qu'on dise la marque du match plus souvent.»

La négociation

Selon une source proche des négociations, qui n'a pas l'autorisation de parler publiquement du dossier, le divorce entre les Alouettes et CKAC se préparait depuis un bon moment déjà.

«Dès le match de la Coupe Grey à Montréal (en 2008), les problèmes ont commencé. Il s'en est fallu de peu pour que la saison 2009 ne soit pas diffusée à CKAC», dit cet informateur.

Il soutient que CKAC (Corus) n'appréciait la présence de NRJ (Astral) dans l'entourage des Alouettes. Par exemple, un camion aux couleurs de NRJ se trouvait aux abords du Stade McGill lors de certains matchs, et des objets promotionnels étaient distribués aux partisans qui faisaient leur entrée dans le stade.

«C'est un peu comme si les Alouettes voulaient coucher avec leur maîtresse, tout en conservant leur femme», image-t-il.

Claude Rochon rappelle que la relation entre les Alouettes et NRJ ne date pas d'hier. «NRJ est l'un de nos partenaires commerciaux depuis 1997. Il était l'un des seuls médias à nous soutenir lors des premières années qui ont suivi notre retour à Montréal.»

Il restait deux années à écouler à l'entente entre CKAC et les Alouettes. Claude Rochon précise que la rupture était d'un commun accord.

«Ça faisait l'affaire des deux parties. On voulait mettre en valeur notre produit davantage et on visait une clientèle plus jeune, et NRJ nous permettra de le faire.

« Le réseau comprend 10 stations au Québec, sa présence est donc forte à l'échelle de la province», fait-il valoir.