Ce n’est sûrement pas de cette façon que les Alouettes de Montréal souhaitaient amorcer leur importante séquence de cinq matchs contre des clubs de l’Association Est. La troupe de Khari Jones a connu une autre soirée en dents de scie et s’est inclinée 30-27 devant les Argonauts de Toronto, vendredi.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Les Alouettes ont perdu pour une quatrième fois en cinq matchs, vendredi soir à Toronto, encaissant une défaite de 30-27 aux mains des Argonauts. Comme c’était déjà arrivé à quelques autres occasions depuis le début de la saison, ils ont échappé une victoire qui aurait normalement dû être relativement facile.

C’est à la fin de la première demie que les hommes de Khari Jones ont perdu le contrôle de la partie alors qu’ils ont accordé deux touchés dans la dernière minute de jeu. Les Argos en ont marqué un pour prendre les devants, 14-10, puis Vernon Adams fils a lancé une interception sur la série suivante. La défense des Als a été incapable de venir à la rescousse de son quart-arrière.

La tertiaire des Alouettes a plutôt bêtement laissé Chandler Worthy courir derrière elle et le receveur a capté une passe de 45 verges de McLeod Bethel-Thompson. Une avance de 10-7 s’est donc transformée en déficit de 21-10 en moins d’une minute, la dernière de la demie de surcroit.

« Il s’est retrouvé derrière notre défense et on ne peut pas laisser ça se produire », a commenté Jones.

« On doit être plus intelligent que ça et réaliser dans quelle situation on se trouve », a dit le secondeur Patrick Levels.

PHOTO JOHN E. SOKOLOWSKI, USA TODAY SPORTS

Ricky Collins Jr. (2) et Patrick Levels (3)

Comme la semaine dernière face aux Lions de la Colombie-Britannique, l’attaque des Alouettes a gagné beaucoup de verges, mais a commis trop d’erreurs pour pouvoir l’emporter. Adams fils a lancé une deuxième interception plus tard dans la rencontre et B. J. Cunningham a échappé et perdu le ballon près de la zone des buts au début du troisième quart, un jeu qui a porté un très dur coup aux espoirs de l’emporter.

En plus d’avoir accordé deux touchés dans les derniers moments du deuxième quart, la défense des Alouettes a quant à elle écopé de plusieurs pénalités inutiles au retour de l’intermission. L’unité du coordonnateur Barron Miles manque de discipline depuis le début de la saison, un problème qui persiste.

« On doit être robustes entre les coups de sifflet, ça ne donne absolument rien de l’être entre les jeux. Les joueurs qui sont de vrais durs ce sont ceux qui sont prêts à sacrifier leur corps durant le jeu », a résumé Levels.

Adams fils blessé aux côtes

À l’inverse des Alouettes, Bethel-Thompson et l’attaque des Argonauts ont évité les erreurs et ont été opportunistes lorsqu’il le fallait. D’ailleurs, si Bethel-Thompson joue toujours comme il l’a fait vendredi soir au BMO Field, Nick Arbuckle aura de la difficulté à retrouver son poste de quart partant.

PHOTO JOHN E. SOKOLOWSKI, USA TODAY SPORTS

Le quart des Alouettes Vernon Adams fils (8)

En plus d’Arbuckle, les Argos jouaient sans le receveur Eric Rogers et les secondeurs Henoc Muamba et Cameron Judge. Les Alouettes ont notamment profité de l’absence des deux secondeurs canadiens pour connaître un autre très bon match au sol.

William Stanback avait déjà 82 verges de gains après ses neuf premières courses et a terminé la rencontre avec 133 verges (19 courses). Il s’agissait de son quatrième match de plus de 100 verges en 2021.

Stanback et la ligne offensive ont fait le boulot et faut dire qu’Adams fils a bien joué… à l’exception de ses deux interceptions. Il a complété 30 de ses 39 passes (76,9 %) pour 382 verges et deux touchés. Mais on se souviendra surtout des interceptions.

« Il a mieux joué (que la semaine dernière), sans aucun doute. Il a fait plusieurs bonnes choses, mais malheureusement, les revirements ont mené à des points de l’adversaire », a analysé Jones.

« Je dois continuer de travailler et mieux protéger le ballon », a dit Adams fils, qui avait l’air défait après le match.

« Le plus important, c’est la victoire, et c’est très désagréable et frustrant de perdre parce qu’on sait qu’on possède une bonne équipe. Mais on ne peut pas toujours avoir des déficits à combler », a ajouté Adams fils, qui a joué en dépit d’une blessure aux côtes au quatrième quart. Ni lui, ni Jones ne savait si cette blessure l’empêcherait de jouer la semaine prochaine à Hamilton.

Adams fils est parvenu à faire ce qu’il n’avait pas souvent fait depuis le début de la saison : il a complété quantité de courtes passes et a utilisé tous ses receveurs. Eugene Lewis a capté huit passes pour 112 verges et un majeur ; Jake Wieneke en a saisi six (dont un autre catch spectaculaire en fin de match) pour 117 verges et un touché ; puis Quan Bray, Cunningham et Stanback ont tous fini la soirée avec quatre attrapés ou plus.

Sentiment d’urgence

Mais il commence à se faire tard pour s’encourager avec des victoires morales et des points positifs. Les Alouettes ont maintenant quatre points de moins au classement que les Argonauts et les Tiger-Cats, qu’ils affronteront pour une deuxième fois cette saison, samedi prochain.

« On va manquer de temps pour changer le cours des choses si ça continue. On doit avoir un sentiment d’urgence. Les morceaux sont en place afin que nous puissions avoir du succès », a dit Jones.

PHOTO COLE BURSTON, LA PRESSE CANADIENNE

Ahmad Thomas (43) et John White IV (5)

Levels, lui, ne doute pas un seul instant que les Alouettes se mettront en marche, et sous peu. Le secondeur est l’un des principaux leaders de l’équipe et l’a démontré à nouveau en parlant aux journalistes, vendredi soir.

« Je ne veux même pas entendre parler des revirements de l’attaque. On va rester derrière Vernon, B. J. et nos autres coéquipiers parce que le football est vraiment l’ultime sport d’équipe. On n’a pas à montrer qui que ce soit du doigt, car notre défense doit mieux jouer, elle aussi. »

« J’espère que nos prochains adversaires nous prendront à la légère. Il ne nous manque vraiment pas grand-chose pour commencer à gagner. Je vous le garantis, votre discours sera très différent dans quelques semaines. »

Mais pour le moment, il restera le même. Les Oiseaux ont dominé les Argonauts au chapitre du temps de possession (36 : 24 à 23 : 36), du nombre de verges (560-316) et des premiers jeux (32 à 19). Ils devraient actuellement avoir une fiche de 5-1. Mais comme disait Bill Parcells, une équipe est aussi bonne que sa fiche. Et celle des Alouettes est de 2-4.