Officiellement, la série de matchs à guichets fermés des Alouettes au stade Percival-Molson s'est terminée jeudi dernier. Mais en réalité, ça faisait déjà plusieurs années qu'elle était finie.

Mis à jour le 6 juill. 2011
Miguel Bujold LA PRESSE

Une foule de 22 317 spectateurs a assisté à l'ouverture locale 2011 des Oiseaux alors que le stade peut en accueillir 25 012. Ainsi prenait fin une séquence de 105 matchs à guichets fermés... pour les plus crédules.

Selon deux sources dans l'organisation des Alouettes, l'équipe a joué devant des foules qui étaient inférieures de plusieurs milliers de personnes à celles qui étaient annoncées, en 2010.

Il est très facile de créer l'illusion que les gradins du stade Percival-Molson sont remplis à pleine capacité, puisque les gens sont assis sur des bancs, et non pas sur des sièges individuels. On n'a donc qu'à bien espacer les spectateurs; l'annonceur-maison, Jacques Moreau, annonce que c'est une salle comble (une autre!), et le tour est joué.

Et c'est un tour de passe-passe que Larry Smith et l'ancienne administration du club auraient joué fréquemment. Même avant l'agrandissement du stade, lorsqu'il comptait 5000 places en moins, les Alouettes ont disputé des matchs devant des foules plus petites que celles qui étaient annoncées.

Pourquoi se prêter à ce jeu? Fort simple.

Les Alouettes n'auraient jamais obtenu l'argent public nécessaire à l'agrandissement du stade s'ils avaient admis qu'ils ne jouaient pas devant des salles combles lorsque le stade comptait un peu plus de 20 000 places.

Et disons que les gens qui ont poussé pour le projet d'agrandissement pendant une décennie auraient eu l'air un peu fou en annonçant qu'il restait des milliers de billets à vendre dès la première saison qui a suivi l'ajout de 5000 sièges.

Déjà que la moitié des nouvelles loges d'entreprise étaient vides...

Certaines personnes ont souligné que la fin de la séquence de matchs à guichets fermés s'était terminée lors du premier match de la présidence de Ray Lalonde.

À vrai dire, la seule chose qui s'est terminée ce soir-là, c'est le mensonge.