L'Américain Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France, est une nouvelle fois confronté à des accusations de dopage dans une enquête de l'hebdomadaire sportif américain Sports Illustrated dont les premiers éléments ont été dévoilés lundi.

Mis à jour le 19 janv. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur le site SI.com, Armstrong est notamment accusé d'avoir été «l'instigateur» d'un dopage organisé au sein de l'équipe Motorola dans les années 1990.

«Il était l'instigateur, il nous a incités à prendre de l'EPO», déclare le Néo-Zélandais Stephen Swart, équipier d'Armstrong chez Motorola en 1995, cité par SI.com.

Interrogé sur ces nouvelles accusations par l'AFP en Australie où il dispute le Tour Down Under, sa dernière épreuve internationale à l'âge de 39 ans, Lance Armstrong a lâché: «Je n'ai rien à déclarer. Je suis au courant, il n'y a rien de plus. Je n'ai absolument aucune inquiétude à avoir.»

Deux reporters de l'hebdomadaire enquêtent depuis plusieurs mois auprès d'anciens coéquipiers d'Armstrong et ont épluché des centaines de pages de rapports.

Le champion américain est sous le coup d'une enquête fédérale lancée après les accusations de dopage portées à son encontre par son ex-équipier Floyd Landis, lui-même déchu du Tour de France 2006 après un contrôle positif à la testostérone.

Un laboratoire en cause

Depuis le mois d'août dernier, un grand jury étudie à Los Angeles les charges contre Armstrong, lauréat à sept reprises du Tour de France entre 1999 et 2005, avant une coupure de trois ans et un retour à la compétition en 2009 (3e du Tour).

Swart avait déjà porté ces accusations dans le livre L.A. Confidentiel - Les secrets de Lance Armstrong, sorti en 2004.

Dans son enquête, Sports Illustrated met aussi en cause la crédibilité du laboratoire antidopage de l'Université de Californie (UCLA), dirigé par Don Catlin, qui, selon l'hebdomadaire, a testé dans les années 1990 des échantillons censés appartenir à Armstrong et aurait bizarrement laissé passer certaines anomalies.

Selon le magazine, trois échantillons auraient été considérés comme ayant un rapport testostérone/épitestostérone supérieur au plafond autorisé, entre 1993 et 1996, lors du premier acte de la carrière d'Armstrong avant le cancer de l'Américain.

Le coureur, qui a été testé par ce laboratoire environ 25 fois entre 1993 et 2000, a affirmé n'avoir pas pris de produits interdits et n'avoir pas été informé de ces résultats, précise l'hebdomadaire.

Pour les malades du sang

Les journalistes de SI s'appuient également sur un témoignage de Landis à propos d'un contrôle douanier de l'aéroport de Saint-Moritz (Suisse), lors d'un vol privé en 2003. Des seringues et des produits dopants auraient été découverts dans les bagages d'Armstrong, sans que celui-ci soit inquiété au motif qu'il s'agissait de «vitamines». Cette accusation a été réfutée par le coureur.

Le journal américain avance aussi qu'Armstrong aurait obtenu accès, dans les années 1990, à l'HemAssist, un médicament développé par le laboratoire Baxter et utilisé pour les malades ayant perdu beaucoup de sang. Ce produit permettrait une meilleure oxygénation du sang, sans présenter les mêmes risques que l'EPO. L'Américain, par l'intermédiaire de son avocat, a nié avoir pris de l'HemAssist.

Enfin, SI fait référence à des documents découverts lors d'une perquisition au domicile du coureur ukrainien Yaroslav Popovych, l'un des fidèles coéquipiers d'Armstrong. Ces textes et courriels prouveraient l'existence d'un lien en 2009 entre l'équipe de l'Américain et le controversé préparateur italien Michele Ferrari. Le Texan a affirmé avoir coupé les ponts avec lui en 2004.